J'avais pressenti le mouvement qui s'amplifie depuis la fusion. Quand Chicoutimi provoque un vide par ses chicanes, Jonquière s'applique à le combler. C'est ce qui s'est produit de 1966 à 1970 quand l'ancien député-ministre de l'Union nationale, Jean-Noël Tremblay, a laissé le conseil municipal de Chicoutimi se chamailler pendant quatre ans sur la localisation du futur édifice administratif régional. Le placerait-on au centre-ville, à Rivière-du-Moulin ou sur les terrains de la Pulperie?
Cafouillage
Les leaders jonquiérois observaient silencieusement ce cafouillage tout en se préparant à négocier, avec Québec, l'alternative. Et ce que la machine politique de Chicoutimi n'avait pas prévu se produisit dans une controverse qui semble avoir été oubliée. Le ministre grand penseur des gouvernements Johnson-Bertrand se fit damer le pion par le jeune député Gérald Harvey.
On concocta, dans une étude aux conclusions téléguidées par le pouvoir, que l'emplacement de Jonquière, au centre de la région, justifiait le regroupement, dans un édifice qui portera le nom vénérable de Marguerite Belley, la courageuse fondatrice de la ville, les services que l'État maintient en région. Pour éviter les débordements d'humeur, le ministre délégué par Québec avait choisi Dolbeau, à l'extrémité nord de la région, pour annoncer la «bonne nouvelle».
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