Maria Mathilda Ruiz aurait même pu être plongée en plein coeur des événements, elle qui est revenue du Chili il y a une semaine à peine. Elle s'était rendue dans son pays d'origine pour rendre visite à sa fille Paola Rojas et faire la connaissance de son petit-fils, qui a vu le jour le 12 février. Elle a réussi à prendre des nouvelles de sa fille et de la famille de cette dernière par web cam samedi, puis depuis, plus rien.
«Ils ne sont pas blessés, mais sous le choc. Les murs de leur appartement, situé au troisième étage, sont fissurés et ils n'ont pas accès à leur immeuble. Ils ont quitté avec presque rien. Ils sont installés chez la belle-mère de Paola et ils ne savent pas quand ils vont pouvoir retourner chez eux», raconte Mme Ruiz.
En plus d'être sous le choc, sa fille doit composer avec des difficultés d'approvisionnement. Dans les magasins, les inventaires pour des biens de base comme du lait et des couches sont au plus bas et Maria Mathilda Ruiz, qui a vécu l'époque des longues files d'attente au Chili alors que les comptoirs étaient vides, craint qu'une telle situation se reproduise.
«Même les gens qui ne sont pas blessés sont touchés par ce qu'ils voient. Il y a des blocs de ciment partout, des édifices qui menacent de s'effondrer. Je m'inquiète aussi pour deux de mes neveux qui se trouvent sur la Côte, et dont on est sans nouvelles», souligne Maria Mathilda, qui vit dans la région depuis une trentaine d'années. Hier, elle avait décidé de prendre congé pour demeurer à proximité de son ordinateur, dans l'espoir de recevoir des nouvelles fraîches.
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