Qu'est-ce qui a le plus changé dans votre métier, monsieur l'entraîneur? Les jeunes. Autrefois, on leur disait quoi faire et ils obtempéraient. Maintenant, ils veulent comprendre. Un ordre est suivi d'un «pourquoi?». Un «non» enclenche des négociations. Curieux, sûrs d'eux, ils donnent leur avis, ils discutent. C'est plus compliqué qu'autrefois, mais plus plaisant: avec psychologie, on doit trouver en chacun le petit ressort individuel qui le pousse à se dépasser, puis le déclic collectif... Il aime ça, les défis insurmontables, l'entraîneur!
Dans l'autobus, au début de sa carrière, ça jouait aux cartes, reluquait des revues cochonnes, des statistiques sportives et se voyait dans la sainte Flanelle, brandissant une coupe Stanley. Maintenant, ils ont leur ordi, leur cellulaire, leur Mp3, leur console de jeu. Certains même étudient. Chacun dans sa bulle technologique. Et ils rêvent de millions à Tampa, Phoenix ou Los Angeles. Peu importe le score, pourvu qu'ils aient une grosse maison, les pieds dans le sable, la tête au soleil. Ils étaient partis pour la gloire; ils cherchent maintenant le confort, encadrés d'agents et de vautours.
Mea culpa
Mea culpa, monsieur l'entraîneur. On bosse comme des malades, nous les parents. Nos patrons nous en demandent toujours plus, et nos jobs sont incertains. Le stress nous mine.
Alors, quand mon fils réclame la veste d'hiver fluo à 400$ qu'il convoite, je refuse; puis, pour ne pas endurer son air déçu et boudeur durant mes rares heures avec lui, je trouve une astuce pour la lui offrir, en le sermonnant sur la nuance entre l'envie et le besoin, et en lui faisant promettre que sa chambre sera rangée chaque semaine. Hum!
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