Dans sa chute, le CAMPS a entraîné avec lui le dossier visant la construction d'une deuxième glace au Centre Jean-Claude-Tremblay de La Baie, un chantier de 15 M$ attendu avec impatience par le milieu. La nouvelle patinoire a été victime d'un jeu de domino politique qui prive aujourd'hui la région de retombées économiques importantes pour une question de délais de réalisation des travaux.
Conjoncture
La situation est d'autant plus déplorable que le SaguenayLac-Saint-Jean peut compter sur deux ministres à Ottawa et sur un ministre à Québec. La conjoncture devrait donc être favorable pour que les dossiers locaux se réalisent plus facilement.
Les difficultés rencontrées par les promoteurs du CAMPS se conçoivent bien. Le projet était ambitieux et novateur. Il impliquait plusieurs ministères majeurs, Santé et Éducation, des «navires» énormes, difficiles à faire bouger rapidement. De plus, le CAMPS nécessitait une bonne collaboration entre le fédéral et le provincial, étant donné l'empiètement de leurs champs de compétences respectifs. Et l'investissement demandé était colossal vu l'état des finances publiques du Québec.
L'échec du projet de construction de la deuxième glace au Centre Jean-Claude-Tremblay est, quant à lui, inexplicable autrement que par le résultat d'un mauvais pari politique de la part des intervenants concernés. Afin de bien paraître devant leurs électeurs, les ministres Serge Simard et Jean-Pierre Blackburn ont publiquement choisi de défendre bec et ongles les chantiers de leur comté respectif. Il est difficile de les blâmer d'avoir joué cette carte. Il faut toujours préparer le terrain en vue des prochaines élections! Mais, visiblement, ils ont perdu le contrôle du jeu au cours des dernières semaines, ce qui a directement mené à l'impasse actuelle.
Projets liés
Là où les deux projets ont dérapé, c'est lorsque le ministre Jean-Pierre Blackburn a décidé de lier publiquement les deux dossiers. À plusieurs reprises, et notamment devant les membres du Cercle de presse du Saguenay en janvier dernier, le député fédéral de Jonquière-Alma a soutenu qu'Ottawa soutiendrait financièrement la construction de la deuxième glace de La Baie à la condition que Québec livre au préalable sa subvention nécessaire au déblocage du CAMPS. Le pari pris par M. Blackburn est facile à comprendre et se défend aisément: je te donne les clés d'un dossier important pour ton comté, en échange, tu me donnes les outils pour que je fasse aussi des gains politiques. Tout le monde est content et la région gagne deux projets importants et des retombées économiques appréciables. Sauf que, cette fois, ce donnant-donnant a échoué en raison de la complexité du projet jonquiérois, avec les conséquences que l'on connaît.
Toujours combatif, le maire de Saguenay, Jean Tremblay, refuse de baisser les bras. Il a soumis, cette semaine, une série de propositions aux ministres Serge Simard et Jean-Pierre Blackburn afin de récupérer le projet de réfection du Centre Jean-Claude-Tremblay. Il estime qu'il est possible d'effectuer 80% des travaux avant le 31 mars 2011, en respectant les délais légaux. Mais, pour ce faire, il aura besoin de l'autorisation de Québec et d'un coup de pouce d'Ottawa, aussi sollicités par Alma dans le cadre des travaux de réfection du Centre Mario-Tremblay. Jean Tremblay propose également de procéder à des «échanges» de subventions afin de permettre au chantier de se mettre en branle, ce qui permettrait au moins de récupérer 15 M$. Dans le contexte, les deux ministres doivent soutenir les efforts du maire de Saguenay afin de limiter les dégâts.
Il faut, par ailleurs, espérer que le projet CAMPS, que certains observateurs bien placés jugent maintenant mort et enterré, reste bien présent dans l'actualité. Ce projet est trop novateur pour mourir au feuilleton...










