• Le Quotidien 
    • > Deux filles se crêpent le chignon dans un bar 

Deux filles se crêpent le chignon dans un bar

Sur le même thème

Serge Lemelin
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Une bataille de filles dans un bar s'est terminée hier par une absolution inconditionnelle pour une étudiante qui faisait face, à l'origine, à de graves accusations de voies de fait causant des lésions et de voies de fait armées (avec un verre).

Le tribunal l'a finalement condamnée pour voies de fait simples.

La décision du juge a nécessité un procès avec audition de cinq témoins et un délibéré qui a livré un jugement long de 20 pages afin de départager les belligérantes.

 

Comme dans bien des histoires de bar, tout a commencé par de simples regards entre deux étrangères qui ne se connaissent que de vue dans les débits de boisson.

« On se regardait croche «, a mentionné la victime qui disait croire que l'accusée s'inventait des histoires à son sujet, parce que jalouse d'elle.

Après 45 minutes de présence commune à la discothèque Le Campus à Jonquière, l'étape du regard a été franchie quand l'accusée et la victime se seraient poussées dans le dos. Chacune nie avoir poussé et croit plutôt avoir « repoussé « l'autre.

Les versions divergent

Selon l'accusée, ce serait la victime qui aurait commencé en ajoutant « C'est quoi ton problème? « après lui avoir donné un coup de coude dans le dos. La victime nie et prétend que c'est l'accusée qui aurait envenimé les choses en la traitant de salope.

Il n'en fallait pas plus pour que l'accusée et la victime se poussent un peu plus. L'accusée a versé un mélange de Coke et d'alcool sur la victime. Cette dernière a vu l'accusée se ruer sur elle en brandissant le verre comme une arme; il a éclaté quand elle a bloqué l'élan avec son avant-bras.

L'accusée a vu le contraire : elle a été poussée et a perdu l'équilibre, ce qui explique que le contenu de son verre se soit ramassé dans les cheveux de la victime qui a répliqué en l'agrippant par les cheveux. Elle ignore le moment du bris du verre.

Nul ne peut dire avec certitude comment tout cela s'est terminé par des blessures, mais toujours est-il que la victime a remarqué quelques instants après qu'elle saignait. Du verre brisé a entaillé son poignet et son cou qui a nécessité quelques points de suture. La victime ne se rappelle pas avoir empoigné les cheveux de l'accusée ni de lui avoir donné des coups de pieds, comme il a été prétendu. Elle avait déclaré à la police que l'accusée avait « lancé « le verre, tandis qu'au procès, elle a affirmé que l'accusée l'a « frappée « avec le verre. Trois autres témoins ont tenté d'éclairer le tribunal, sans grand résultat.

Doute

Incapable d'attribuer hors de tout doute raisonnable les blessures ou le bris du verre à un geste intentionnel de l'accusée, le juge Jean-Paul Aubin de la Cour du Québec a prononcé l'acquittement sur les deux chefs principaux.

Le juge a été clément en accordant une absolution inconditionnelle pour éviter de nuire à la future carrière de l'assaillante. Il est étonnant d'apprendre que les deux jeunes femmes formulent de grandes aspirations : une veut devenir psychologue, l'autre considèrerait une carrière dans la police. De si belles perspectives de carrière peuvent être vite gâchées par un geste malheureux.

Slemelin@lequotidien.com

 

publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer