Il s'agit du couple qui a tenu en émoi proches et secouristes pendant au moins 24 heures. Les amants de la nature ont pris place à bord de l'hydravion Sportsman 2+2, dimanche matin, au lac Sébastien à Saint-David-de-Falardeau, en direction du lac Klemka situé à quelques kilomètres de la rive sud du réservoir Pipmuacan.
« Nous avons décollé du lac Sébastien sans problème et pendant le vol, comme c'est souvent le cas, j'ai légèrement dérivé de mon point d'arrivée que j'avais indiqué dans le GPS. J'ai alors décidé de me poser sur une baie du réservoir Pipmuacan afin de vérifier les cartes «, raconte le pilote.
Descendant de l'hydravion, il s'est installé sur un flotteur pour regarder les cartes. C'est à ce moment que Nathalie Côté, qui prenait place sur l'autre flotteur, a senti l'avion qui s'enfonçait lentement dans l'eau. Le pilote a cru être en mesure de ramer jusqu'à la rive, mais l'eau entrait rapidement dans le flotteur et les deux passagers ont alors choisi de gonfler leur veste de sauvetage et de se rendre jusqu'à la rive d'une île située à plus ou moins 45 minutes de nage.
« Le flotteur de l'avion a possiblement glissé sur une roche ou heurté un morceau de bois. Tout était en bonne condition au départ du lac Sébastien. C'est toujours plus risqué de se poser sur un réservoir «, reprend le pilote.
Une fois sur l'île, le couple a réussi à faire un feu et à sécher les vêtements. Carol Tremblay a actionné sa balise de positionnement avant de quitter l'appareil. Ce dernier, qui conserve en permanence dans son appareil une trousse complète de sauvetage, n'a pas été en mesure de la récupérer.
Le couple s'est donc retrouvé sur l'île sans matériel ni nourriture. Carol Tremblant a expliqué ne pas avoir souffert de la faim au cours de ce séjour. Sa femme et lui s'inquiétaient toutefois beaucoup pour les proches et amis qui se faisaient du mauvais sang en ville en raison de leur absence prolongée.
Après deux nuits sur l'île, pendant lesquelles ils n'ont pas vu un seul avion ou hélicoptère, le couple a choisi de regagner l'autre rive à la nage de façon à pouvoir se déplacer le long du réservoir. Ils ont donc entrepris de traverser à la nage sans trop de problèmes tout en laissant derrière eux des indices de leur passage. Une fois sur la rive du Pipmuacan, le couple a de nouveau allumé un feu pour sécher les vêtements.
« On a alors décidé de partir à la marche sur la rive. Je me suis dit qu'on allait certainement rencontrer des travailleurs forestiers. Nous avons marché entre 15 et 20 kilomètres jusqu'à ce que l'on entende des bruits de débroussailleuses ou autre chose au loin. On voulait suivre la direction du bruit quand on a aperçu un petit chalet «, poursuit le pilote qui a franchi toute cette distance les pieds nus puisqu'il avait été obligé d'enlever ses bottes. Il a réussi à franchir toute cette distance dans les roches et les morceaux de bois sans se blesser les pieds.
Carol Tremblay et Nathalie Côté ont trouvé dans le chalet une simple canne de soupe aux pois, des sachets de thé et un peu de sucre. Ils mangeaient pour la première fois depuis 50 heures quand ils ont découvert le chalet.
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