Le 24 avril dernier, alors qu'elle entamait un processus de restructuration sous la protection des tribunaux contre ses créanciers, incluant ses fournisseurs, la société AbitibiBowater, un important producteur de bois d'oeuvre et le plus important producteur de papier journal au monde, avait informé SFK qu'elle répudiait le contrat d'approvisionnement d'écorces et de copeaux de cette dernière.
Le contrat entre les parties datait de 2002. Il prévoyait qu'Abitibi approvisionne en copeaux la majorité du volume requis par SFK Pâte sur une période de 20 ans. L'entente comportait une formule de prix variable basée sur le prix du marché des copeaux ainsi que sur le prix de vente de la pâte NBSK (pâte kraft blanchie de résineux du Nord). Au moment où l'entente a été répudiée par Abitibi, en avril, SFK Pâte bénéficiait d'un escompte de 20 $ par tonne métrique.
Jeudi, en fin de journée, la Cour supérieure du Québec a confirmé la répudiation par Abitibi-Consolidated du Canada du contrat la liant à SFK. La cour a notamment souligné qu'Abitibi a démontré que le contrat de copeaux constitue un boulet pour la restructuration de ses opérations et qu'il est néfaste à la réorganisation de l'ensemble de Groupe AbitibiBowater.
Vendredi matin, dans un communiqué de presse, Pierre Gabriel Côté, président et chef de la direction de SFK Pâte, a indiqué que l'entreprise entend poursuivre les négociations avec Abitibi afin d'établir un prix acceptable sur les copeaux d'épinette noire et de pin gris et qu'elle travaille à consolider des ententes avec d'autres fournisseurs de copeaux qui ne sont pas liés par contrat avec Abitibi.
Il a ajouté que la direction tente aussi de déterminer, avec ses conseillers juridiques, s'il y a des bases raisonnables pour faire appel du jugement de la Cour supérieure.
Pierre Gabriel Côté a par ailleurs assuré qu'un volume de copeaux suffisant est disponible pour approvisionner l'usine de Saint-Félicien, dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, sur une base continue. Cette usine, qui produit de la pâte NBSK, est potentiellement directement affectée par ces récents événements. SFK, qui n'a ni bois ni droit de coupe, a besoin de copeaux pour alimenter cette usine et d'écorces pour satisfaire sa consommation d'énergie.
Les deux autres usines de SFK, qui produisent de la pâte RBK (pâte kraft blanchie recyclée) et qui sont situées aux Etats-Unis, ne sont pas touchées par cette décision de la cour.










