Depuis plusieurs mois, ces étudiants ont utilisé le matériel de laboratoire du Cégep, qui a un pied-à-terre au Centre de métallurgie de La Baie, pour analyser sur une base scientifique la qualité des chaînes produites par Pedno pour l'industrie forestière. Ces chaînes sont destinées à l'opération des écorceurs.
Selon Pascal Gauthier, professeur au Département de métallurgie du Cégep de Chicoutimi, même si le département travaille depuis dix ans avec les entreprises, c'est la première fois qu'un apprentissage par projet est mis en application à l'intérieur de cinq cours. «On a affaire à une nouvelle génération d'étudiants qui s'interrogent sur le pourquoi des choses. Ils ne désirent pas apprendre uniquement à l'intérieur des murs d'une école», affirme M. Gauthier.
La problématique de départ résidait dans le fait que certaines chaînes connaissent des problèmes de cassure et de soudure lors de leur utilisation sur une base continue. À l'aide de leurs équipements de laboratoire, les 15 étudiants mandatés ont consacré une centaine d'heures chacun à analyser la qualité du métal des mailles, la composition chimique de l'acier utilisé, la qualité et la vitesse de la trempe et des soudures réalisées. Des mailles de chaîne provenant de Norampac au Nouveau-Brunswick ont été découpées, mises à nu afin de livrer leur secret.
Le tout s'est déroulé sous la supervision de quatre professeurs métallurgistes du centre.
«Les entreprises qui oeuvrent en métallurgie sont souvent petites et n'ont pas le temps ni les budgets pour mener des projets de recherche et développement et pour effectuer des enquêtes métallurgiques. C'est comme ça qu'on a pu les aider», commente M. Gauthier.
Pierre Tremblay, directeur de production chez Chaînes Pedno, affirme que ce projet a permis une meilleure compréhension de quelques petits problèmes rencontrés en usine. «On ne possède pas autant d'équipements de recherche qu'eux. Ça a permis à certains de nos travailleurs de comprendre pourquoi ils ajustent certaines machines dont dépend la qualité», affirme-t-il
Le directeur ajoute que la compétition dans le domaine de la production de chaînes industrielles est vive, ce qui implique que les clients disséminés à travers le monde sont toujours à la recherche de la meilleure qualité.
Chaque année, Chaînes Pedno transforme à Laterrière entre 1000 et 1200 tonnes d'acier.
Dvilleneuve@lequotidien.com