Habitée de chaque côté par les six musiciens, la scène est habillée d'un lourd rideau drapé rouge d'où elle surgit sur un pas de danse. Elle salue et se lance, a capella, sur les premières mesures d'une balade : «Si parfois j'ai peur de tout» chante-t-elle, n'ayant peur de rien en vérité, car elle s'arrête aussitôt pour avouer devoir recommencer. «Je dois la reprendre car j'ai commencé un demi ton trop bas. Vous m'avez applaudi trop longtemps», taquine-t-elle.
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Et la voilà repartie, toujours a capella, nous dire «S'il fallait que s'éteignent les étoiles.»
Le ton est donné.
«Bonsoir gens de Chicoutimi, bienvenue dans ma boîte à musique.» Une boîte de chansons et d'histoires qu'elle ne se prive pas de raconter.
Bavarde, la chanteuse, et sympathique en diable avec ses confidences sur sa robe, sa terre natale, sa famille.
«Je ne suis pas venue seule, fait-elle en caressant son ventre rebondi de future maman. Je ne parle pas de celui-ci, devinant la confusion, mais de mes plus beaux bijoux, mes musiciens, sous la direction de Julie Lamontagne.»
Le ton est empreint de tendresse, le rythme est lent, calme. Un spectacle sage le plus souvent, devenant soudain plus rock pour se terminer, comme en famille dans le salon, avec des airs country.
Les auteurs
D'une chanson à l'autre, Isabelle Boulay accentue la vérité de sa déclaration du début : «Je ne suis pas venue seule.» Rarement les auteurs obtiennent une place aussi grande, l'artiste rendant justice à chacun, les sortant de l'ombre pour dire, tantôt avec chaleur, parfois avec humour, par qui et dans quel contexte la chanson est née.
Elle nomme Jean-Louis Murat, auteur de «Dieux des amours» : «Ça prenait bien un Français pour m'écrire une chanson western». Julien Clerc et Lou Dabadie, talents réunis pour lui écrire «Reviens reviens». Luc DeLarochelière, qui a su enchanter le portrait de sa tante Adrienne, et Paul Daraîche, qui a donné de la couleur à son héros de père en écrivant un très beau texte : «Lui». Guillaume Vigneault, qui a su traduire pour elle la chanson «Tomorrow in her eyes» de Ron Sexsmith, avec l'émotion qu'elle ressentait.
De son enfance bercée par des voix de femmes, Isabelle évoque un frisson qu'elle reconnaît ressentir encore, 36 ans plus tard, en chantant, avec quelle superbe! «Coucouroucoucou paloma».
Autre beau moment de cette soirée, «J'ai souvenir encore» de Claude Dubois qu'elle a interprétée avec une grande intensité.
La complice
Avec ses musiciens, comme avec son public, Isabelle Boulay se révèle complice. Une belle chimie qu'elle explique: «J'ai donné au spectacle le nom de la chanson 'Ta route est ma route' parce qu'elle exprime bien le lien un peu mystérieux qui nous lie vous et moi.»
Avouant se sentir privilégiée de faire ce métier telle qu'elle le fait, la chanteuse déclare «Si vous n'étiez pas là , je ne pourrais pas faire le métier que je fais, alors je vous remercie d'être là .»
La conquête fut totale!
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