«Je suis métisse de genre et métisse au plan ethnoculturel. C'est ce qui a formé le chemin de ma vie», a-t-elle mentionné mercredi, au cours d'une entrevue réalisée au Café Summum de Chicoutimi-Nord. C'est dans cet établissement de la rue Roussel que le livre sera lancé mardi, à 19h. Tous sont invités et l'auteure précise avec humour que cette fois-ci, elle ne fera pas de discours.
Elle affiche une sérénité qui témoigne du succès de sa quête. Le voyage a été mouvementé, depuis deux ans. Tellement qu'elle a éliminé deux livres de son journal intime, l'équivalent de 18 mois de souvenirs. Annoncer qu'on est femme après avoir entretenu l'image inverse ne change pas seulement le regard des autres, comme elle a pu le constater. Il faut retrouver ses marques, une forme d'équilibre, ce qui l'a conduite à revenir sur son passé.
«Ma sortie publique avait semé la confusion dans les genres. C'était le temps que je retrouve mon centre, ce qui m'a obligée à éliminer mes colères, mes amertumes, pendant que j'écrivais le livre. Aujourd'hui, je sais que les deux énergies ? la masculine et la féminine ? sont en moi et je ne cherche plus à les freiner. Je suis l'un et l'autre», révèle Russel Bouchard.
Les 400 coups
«Fragments de mémoire» se décline au fil de 15 chapitres que l'auteure qualifie de fragments. Elle remonte loin dans le temps, invoquant jusqu'au souvenir de ses ancêtres afin de comprendre d'où vient sa dualité. La génétique aurait joué un rôle, tandis que son environnement, l'acquis, a façonné sa personnalité. Jusqu'à l'âge de 12 ans, on l'a autorisée à porter des vêtements féminins. Ensuite, ses parents l'ont empêchée de le faire et le Russel bagarreur a pris de l'ascendant.
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