«Ubu roi»: Soif de pouvoir sur fond burlesque

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Grotesque, absurde, énorme, extravagant... ubuesque. (Le Quotidien, Sylvain Dufour)

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Le Quotidien, Sylvain Dufour

Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

(Chicoutimi) Grotesque, absurde, énorme, extravagant... ubuesque.

Voilà ce qu'il convient de dire après avoir vu «Ubu roi», la plus récente production des Têtes heureuses, présentée en première jeudi soir au Petit Théâtre de L'UQAC. Mais au-delà du burlesque, trait caractéristique de la pièce écrite par le français Alfred Jarry à la fin des années 1800, il fallait aussi saisir l'importance du message véhiculé. Un constat, toujours d'actualité, des effets destructeurs de la soif de pouvoir, du désir de s'enrichir à n'importe quel prix et de la bêtise humaine.

Dictature, mépris, corruption, le tyran Ubu est prêt à tout pour devenir roi. Se servant du mensonge, de la violence et de la guerre, le personnage central, qui se veut le miroir de bien des hommes politiques contemporains, se voit couronné monarque d'une Pologne sise entre le réel et l'imaginaire en abattant son roi. Mais Ubu trouvera éventuellement l'opposition sur son chemin, qu'elle soit manifestée par le peuple, les Palotins, les soldats ou les Russes. Même sa complice épouse, Mère Ubu, elle aussi avide de pouvoir et d'argent, cherchera à déjouer son homme pour mettre la main sur une fortune de toutes parts convoitée.

Humour

Si, sur le fond, le thème central d'«Ubu roi» est empreint de sérieux, il en va tout autrement pour la forme. Car ce spectacle de deux heures, mettant en vedette 11 comédiens mâles, véhicule l'humour à la pochetée.

Mis au goût du jour par Rodrigue Villeneuve, le texte et la mise en scène mélangent, avec agilité, les époques. L'intégration de succès musicaux contemporains comme la livraison plutôt loufoque du hit «Une femme amoureuse» de Mireille Mathieu et l'ajout d'une pièce bien connue de Joe Dassin s'entremêlent à «La Chanson du décervelage» et à «L'Hymne des Palotins».

 Quant aux comédiens, les deux personnages principaux sont tout simplement savoureux. Christian Ouellet, dans le rôle d'Ubu, livre une performance magistrale. La cruauté et la tyrannie s'emparent des traits de l'acteur à mesure qu'avance la pièce, rendant son visage affreusement déformé par l'esprit dictatorial dont il est sous l'emprise.

// La version complète du texte est disponible dans votre Quotidien

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