Le film met en scène Gérard Pelchat, l'oncle du chanteur Mario Pelchat, qui pratique ce métier depuis 20 ans, ainsi que deux travailleurs étrangers, un d'origine roumaine, Antonie, et l'autre d'origine africaine, Mamadou.
Les trois débroussailleurs racontent trois histoires différentes, trois bêtes de travailleurs qui se lèvent avec le soleil et qui entrent dans le bois à force de bras pour couper de jeunes repousses d'arbres afin de faire respirer les arbres matures. Ils arpentent des terrains accidentés, enjambent des souches coiffées de leur casque de sécurité et de leur scie débroussailleuse à travers les mouches noires et les « frappe-à-bord » (taon à cheval ou mouche à chevreuil). Beau temps mauvais temps, la sueur coule, un travail physique très difficile. « Une vie de mercenaire », dit Mamadou. « Le pire des métiers », ajoute Antonie.
La réalisatrice Stéphanie Lanthier a choisi trois angles différents pour réaliser son documentaire. Un Québébois qui a mené une vie active dans les bars, un Roumain qui s'est sauvé de son pays et qui a traversé l'Atlantique à bord d'un conteneur sur un bateau et un Africain qui s'est inscrit comme réfugié politique et qui a attendu six ans avant d'avoir ses papiers d'immigration Canada. Chacun d'eux s'exile pendant six mois dans la forêt boréale de l'Abitibi pour gagner un salaire qui oscille entre 35 000 $ et 50 000 $ pour cette saison de forcené.
« Les Fros », un diminutif pour l'expression les « foreigners « ou étrangers, selon une vieille expression abitibienne, que Richard Desjardins a reprise dans l'une de ses chansons, montre ce qu'est le quotidien de milliers de travailleurs qui montent au Nord défricher le bois comme le faisaient nos ancêtres bûcherons, à des centaines de kilomètres de la ville. Dans ces camps de débroussailleurs se côtoient Québécois de souche et nouveaux arrivants venus d'Afrique, d'Europe de l'Est ou d'Asie. La réalisatrice a suivi leur quotidien et recueilli leurs témoignages, pour rendre compte de l'odyssée de ces « exilés « de tous âges et de toutes nationalités formant une microsociété de coureurs des bois.
Gérard Pelchat, originaire d'Albanel, qui a commencé cette nouvelle carrière à 45 ans, en est à sa 20e saison comme débroussailleur. Il écoule une dizaine de réservoirs d'essence par jour pour couper toutes les repousses d'arbres aux deux mètres en protégeant les arbres de qualité. Un personnage tout aussi passionnant que ses acolytes venus de l'étranger. Il a vu ce film qui a fait l'ouverture des 13e Rencontres internationales du documentaire de Montréal, en novembre dernier, et qui a conquis le public comme la critique à sa sortie en salle à Montréal et à Québec.
« C'est un très bon film, la p'tite (Stéphanie Lanthier) a réussi à bien montrer ce qu'on vit », a dit la nouvelle vedette du Lac-Saint-Jean. J'ai hâte que les gens du coin voit ça, ça fait plus d'un an qu'on m'en parle», confie celui qui sera présent lors de la représentation de vendredi en compagnie de la réalisatrice. Ce film a été produit par DOC Productions (Alain Corneau et André Mailly), en coproduction avec l'Office national du film du Canada (Jacques Turgeon).
Vous voulez y assister?
Quoi : Le film « Les Fros »
Quand : Le vendredi 1er avril à 19 h
Où : Salle Thérèse-Plante de la Polyvalente Jean-Dolbeau, à Dolbeau-Mistassini
Coût : 4 $, billets disponibles le jour même à la porte











