Cela risque d'être un village bleu dans une marée rouge, prédit un autre sondage national effectué par Crop.
Pour cette fin de campagne, Le Quotidien s'est intéressé aux circonscriptions de Dubuc, Jonquière et Roberval, parce qu'elles semblaient «prenables» pour les libéraux. C'est du moins ce que révélait la première enquête que nous avons publiée dans l'édition du 23 novembre de Progrès-Dimanche.
Chicoutimi et Lac-Saint-Jean, fidèles à leur tradition, montraient, en effet, une intention de vote résolument péquiste.
Mauvaise surprise
Ce deuxième coup de sonde constitue un électrochoc pour les libéraux, plus particulièrement pour le candidat Serge Simard, dans Dubuc, qui semblait voguer vers une victoire certaine, lundi. Son adversaire, André Michaud, recruté à la dernière minute et n'habitant pas la circonscription, partait avec de sérieux handicaps.
Les intentions de vote dans Dubuc décevront certainement les libéraux, qui misent sur un candidat d'une grande notoriété. Si la tendance se concrétise, il s'agira de la répétition du scénario de 1998, alors que l'ancien maire, Claude Richard, sous la bannière libérale, avait été rejeté par l'électorat après avoir abattu un travail colossal dans le dossier du déluge. Jacques Côté, pour le PQ, faisait ainsi son entrée en politique.
Le vent a tourné dans la région, indique l'analyste Raynald Harvey, de la maison Segma /Recherche.
Depuis le débat, les péquistes martèlent de questions et chargent le chef libéral, Jean Charest.
Stephen Harper aura peut-être contribué à enfoncer son dernier clou! La chef du PQ, Pauline Marois, passerait mieux dans la région que dans l'ensemble du Québec. Ailleurs, même si les gens ne sont pas satisfaits de Jean Charest dans les dossiers de la Santé et de la Caisse de dépôt, ils voteraient quand même pour lui.
Double langage
Raynald Harvey confirme que la crise politique, à Ottawa, constitue un facteur important dans la région et influencera beaucoup d'électeurs, notamment les souverainistes. Ces derniers n'apprécient pas le double langage du chef conservateur, qui les qualifie de «souverainistes» dans son discours en français et qui les rebaptise aussitôt «séparatistes» en anglais.
En réaction aux crises à Québec, Ottawa et dans le monde, les électeurs de la région feraient exactement, lundi, ce que tout bon investisseur déciderait: investir dans une valeur refuge soit le Parti québécois. Qui n'a pas encore compris, mis à part Jean Charest, Stéphane Dion et Stephen Harper, que le Saguenay-Lac-Saint-Jean est majoritairement péquiste?
L'élection, dans la région, des Gaston Blackburn, André Harvey, Françoise Gauthier et Karl Blackburn, au cours des 20 dernières années, démontre toutefois que les souverainistes peuvent «sauter la clôture» à l'occasion, si on sait leur parler et, surtout, si on les respecte. La dernière chose à faire est de les exacerber, comme seul Stephen Harper sait le faire.
Le vrai sondage
Chose certaine, les souverainistes de la région ne vont pas au PQ pour faire du Québec un pays, l'idée est en veilleuse. Autre certitude: le chef libéral, en dépit de ses tentatives de séduction, rentrera probablement bredouille de son dernier périple dans la région.
Comme disent les politiciens, par contre, le vrai sondage, c'est pour lundi prochain!













