Hier, dans Le Quotidien, le maire de La Doré, Jacques Asselin, invitait fortement toutes les municipalités rurales du SaguenayLac-Saint-Jean à exiger d'Ottawa et de Québec des sommes d'argent précises pour les aider à s'extirper de la crise. Cette municipalité réclame des deux paliers de gouvernement une aide d'urgence de 30 millions$.
Québec fait marche arrière
Au passage, le maire Asselin s'en prend à la position adoptée par Denis Lebel. Celui-ci continue de déclarer, en effet, qu'Ottawa a les mains liées avec l'entente canado-américaine sur le bois d'oeuvre; en conséquence, explique le ministre, toute subvention ou aide financière directe et indirecte serait considérée par nos voisins comme un traitement de faveur.
«Ce n'est plus le temps de défendre des positions gouvernementales, c'est le temps de proposer des solutions!», lance Jacques Asselin.
Le maire de La Doré a mille fois raison. Par ailleurs, sa suggestion de procéder à un feu nourri et justifié de demandes financières en direction de Québec et d'Ottawa, dans le but de mesurer les dommages subis par les collectivités dont l'économie dépend directement de l'industrie forestière, est excellente. C'est encore la meilleure façon d'illustrer l'ampleur de la catastrophe.
Saint-Fulgence et La Doré sont situées à chaque extrémité de la région. Leur appel au secours et à la mobilisation démontre l'état d'urgence caractérisant l'une des activités économiques, avec l'agriculture et l'aluminium, parmi les plus importantes du SaguenayLac-Saint-Jean.
Le point de non-retour est atteint. Et ce, même si le ministre québécois des Ressources naturelles, Claude Béchard, assure que les petits et moyens entrepreneurs forestiers auront accès à plus de liquidités grâce au programme Renfort. Le maire de Saint-Prime et président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Bernard Généreux, critiquait fortement dans nos pages, la semaine dernière, la décision de Québec de ne pas avoir inclus l'industrie forestière dans cette initiative, lors de la présentation du budget. Il faut croire que, au moins cette fois, le message a été reçu cinq sur cinq...
Ottawa s'appuie sur l'entente avec les Américains relative au bois d'oeuvre pour justifier son inaction. Québec donne l'impression d'improviser. Pendant que les deux paliers de gouvernement tergiversent, l'industrie agonise.
Fatalisme
Qu'une municipalité aussi modeste que La Doré, au plan de la démographie et de la superficie, demande une aide aussi considérable que 30 millions$ pour espérer s'en sortir donne une bonne idée de l'énormité du problème. Tous les villages, toutes les villes du SaguenayLac-Saint-Jean, sont touchés de plein fouet par la crise forestière. Le maire Asselin rappelle avec justesse que la circonscription de Roberval a vu le nombre de chômeurs augmenter de 7000 depuis l'arrêt des opérations en forêt. Dans le seul secteur de La Doré, 1512 emplois reliés directement à cette activité ont été perdus!
L'invitation aux élus régionaux de se mobiliser, faite par le maire de Saint-Fulgence, il y a trois semaines, est presque restée lettre morte. Le fatalisme semble avoir eu raison des régionaux...












