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Les crises forestières

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Carol Néron
Le Quotidien

Denis Lebel s'est assez bien défendu, mercredi, devant les membres du Cercle de presse du Saguenay...

Pourtant, le député de Roberval, également responsable du Développement économique des régions du Québec, n'a pas eu la partie facile. Pendant près d'une heure, en effet, il a essuyé un feu nourri de questions. Presque toutes concernaient la position adoptée par son gouvernement dans le dossier de la crise forestière.

Pour le ministre conservateur, cette rencontre aura sans doute servi d'ultime période de réchauffement en vue du forum de demain, convoqué à huis clos par la Conférence régionale des élus (CRÉ) dont le thème portera, justement, sur la forêt.

 

Paradoxe

En faisant état de la situation, que l'on peut qualifier de paradoxale dans laquelle se retrouve son gouvernement, Denis Lebel a suscité l'étonnement. «Les gens d'AbitibiBowater, dit-il en substance, nous demandent expressément, chaque fois que nous les rencontrons, de ne poser aucun geste susceptible de compromettre l'entente sur le bois d'oeuvre avec les Américains. Quant au Conseil de l'industrie forestière du Québec, par la voix de son porte-parole Guy Chevrette, il fait état de mesures que nous devrions adopter et qui auraient comme conséquence, une fois appliquées, de mettre cet accord sérieusement en péril».

Le gouvernement et les industriels, en particulier ceux du Québec, défendent chacun leur point de vue à coups d'avis juridiques et d'analyses d'experts.

Il reste que, entre-temps, la situation continue de se détériorer et les élus locaux de s'arracher les cheveux!

Le Québec, un cas parmi d'autres

Denis Lebel soutient que les problèmes et les solutions évoqués par le Conseil de l'industrie forestière du Québec font partie d'un lot comprenant une trentaine d'autres répartis à l'échelle du pays et qui, pour la plupart, ne possèdent aucun élément de comparaison entre eux. En fait, juge-t-il encore nécessaire de préciser, la crise n'est pas seulement québécoise, elle est canadienne. C'est vrai!

À ce sujet, il n'a donc pas tort de vouloir rappeler à l'ordre ses compatriotes. Ces derniers ne sont pas les seuls à devoir composer avec pareille descente aux enfers même si, dans une région comme la nôtre, la chute vers le bas s'accélère chaque jour.

La problématique dans laquelle se débat l'industrie forestière est à ce point complexe que chaque dossier la composant exigerait la mise en place d'une solution particulière. Le tout sous le regard inquisiteur des Américains, bien décidés à ne pas céder ne serait-ce qu'un pouce de terrain à leur concurrent du Nord.

Certains élus du SaguenayLac-Saint-Jean admettent qu'Ottawa doit éviter de trop brusquer les choses. Le maire de Dolbeau-Mistassini et président de la CRÉ, Gilbert Simard, est de ceux-là. Hier, dans Le Quotidien, Bernard Généreux également président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) faisait preuve à son tour d'une certaine compréhension, face au dilemme dans lequel se débat le gouvernement fédéral. Une ouverture d'esprit, cependant, qui ne l'empêchait pas, avec raison, de mettre ce dernier en garde contre toute démonstration de «prudence excessive».

 

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