Les appuis au PQ, qui atteignaient plus ou moins 60 % du vote exprimé (jusqu'à 70 % dans Lac-Saint-Jean) n'ont plus jamais dépassé la barre des 50 %. Le Parti libéral (PLQ) et l'Action démocratique du Québec (ADQ) ont profité de cette défection. Il semble que l'électorat régional soit de plus en plus disposé à entendre le discours des formations fédéralistes (incluant l'ADQ). Il est difficile de faire une répartition scientifique sur le redéploiement du vote populaire. La montée de l'ADQ et le succès de la libérale Françoise Gauthier, dans la circonscription Jonquière (laquelle avait été laissée vacante par le départ du premier ministre Lucien Bouchard), ont joué un rôle prépondérant dans la baisse généralisée du vote souverainiste.
Ces deux éléments, combinés à des phénomènes locaux, ont même failli faire tomber des forteresses péquistes. Cela a été le cas dans Dubuc, aux élections générales du 14 avril 2003, alors que le score du député péquiste sortant Jacques Côté est passé de 59,8 % à 37,5 %. Il se débattait alors avec le controversé dossier des fusions municipales. Il ne manquait que 23 votes au candidat libéral, Johnny Simard, pour remporter la victoire. Depuis 1976, ce comté était toujours le premier à déclarer une victoire souverainiste, le soir des élections.
Ce château fort a failli tomber aux mains d'une autre formation, lors des élections générales du 26 mars 2007. Le syndicaliste Robert Émond a sauté dans la vague adéquiste tout en attisant la colère des travailleurs de la papeterie Abitibi-Consolidated. Il était à six points du péquiste Jacques Côté. Dans ce cas précis, cette performance des troupes de Mario Dumont a été réalisée au profit du vote libéral. Ce dernier est tombé à 26 %. Il est important de rappeler que l'ADQ n'avait obtenu que dix pour cent des suffrages exprimés en 1998.
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