«Une imagination diabolique»

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Gemma Angers, la mère de Lise Trottier (Élisa... (Le Quotidien, Laura Lévesque)

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Gemma Angers, la mère de Lise Trottier (Élisa T.), a été reconnue coupable de 12 chefs d'accusation.

Le Quotidien, Laura Lévesque

Laura Lévesque
Le Quotidien

(ROBERVAL) «Ils ont usé d'une imagination diabolique et aucune peine ne sera de taille pour diminuer la souffrance des victimes.» La juge Johanne Roy a imposé hier une sentence de 10 ans de pénitencier à Gemma Angers et Joseph Bélanger, la mère et le beau-père de Lise Trottier, mieux connue sous son nom d'auteure, Elisa T.

Coupables d'attentats à la pudeur, de voies de fait et de lésions corporelles commis entre 1957 et 1973, les deux personnes sont demeurées de glace dans la salle d'audience du Palais de justice de Roberval. À aucun moment ils ont montré signe d'émotion. Le beau-père a utilisé à quelques reprises sa pompe d'asthme, mais sa conjointe n'a pas bronché une seule fois.

 

Rappelons qu'au printemps dernier, Joseph Bélanger, 70 ans, avait plaidé coupable à 17 chefs d'accusation, dont tentative d'agression sexuelle à l'endroit de Lise Trottier. Quant à sa conjointe, Gemma Angers, 73 ans, elle a été reconnue coupable, au terme d'un procès, de 12 chefs d'accusation.

Basée sur des causes semblables au Québec, l'avocate de la Couronne, Me Geneviève Bédard, avait demandé une sentence d'emprisonnement de 10 à 15 ans pour Joseph Bélanger et de 8 à 12 ans pour Gemma Angers. La défense, représentée par Me Claude Voyer, proposait des sentences de moins de cinq ans pour les deux individus.

La juge Johanne Roy a justifié sa décision par le manque d'empathie et de remords des deux septuagénaires. «Considérant l'âge de M. Bélanger, ses limites intellectuelles et son faible goût pour une thérapie, il serait surprenant qu'il évolue positivement. Quant à la mère, elle a échoué dans son rôle. Elle devait défendre ses enfants de toute agression. Ces facteurs militent en faveur d'une peine sévère», a affirmé la juge, avant de dévoiler les sentences.

Surprise

L'avocat de la défense, Me Claude Voyer, est plutôt surpris de la sentence imposée à ses clients. «Ils s'attendaient à une peine d'emprisonnement, mais pas 10 ans. Lorsqu'on a leur âge, on ne pense pas aller en prison aussi longtemps. Ils prennent ça très dur. Pour eux c'est une quatrième sentence après la publication des trois livres», a constaté Me Voyer.

Ce dernier a plaidé l'enfance difficile de ses clients et le manque d'éducation comme facteurs atténuants. «Ils ont reproduit ce qu'ils ont vécu. Ils n'ont pas eu de modèle positif dans leur vie», a insisté Me Voyer dans ses recommandations sur sentence.

De son côté, l'avocate de la Couronne est satisfaite de la sentence. «La décision de la juge est très bien appuyée. Les facteurs atténuants étaient peu présents dans ce cas», a soutenu Me Geneviève Bédard.

Les procédures judiciaires sont engagées depuis 2006 dans cette affaire qui s'est échelonnée de 1957 à 1973.

 

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