Dans son affidavit, l'agent Jean-François Talbot, de la Sûreté du Québec, fait mention d'un dépôt de 1700 $ en argent comptant, déposé dans le compte conjoint de Morency le 26 janvier 2005. Ce dépôt coïncidait étrangement avec les révélations faites par l'une des sources policières, qui prétendait avoir donné à son avocat une somme de 3000 $ afin que celui-ci corrompe l'ex-procureur, relativement à une cause de conduite en état d'ébriété.
Hier, alors qu'il abordait certains points de sa requête visant à obtenir le droit de contre-interroger l'agent Talbot, l'avocat de l'accusé, Me Jean-Marc Fradette, a laissé savoir que, la veille du dépôt de 1700 $, son client a vendu une motoneige. Des documents obtenus auprès de la SAAQ confirment la transaction, a soutenu en Cour Me Fradette.
Selon la défense, le policier Talbot avait le devoir de pousser davantage son investigation avant de demander une autorisation d'écoute électronique contre Morency. Ainsi, il aurait facilement découvert l'origine de cet argent.
Source peu crédible
Me Fradette met également en relief que la source policière, un criminel récidiviste, venait tout juste de purger une peine de 12 mois d'emprisonnement lorsqu'il a fait ses confessions. Qui plus est, le procureur qui l'avait traduit en justice à l'époque était Jean-François Morency.
Qualifiés de cruciaux par la défense, ces détails n'étaient pas signifiés dans l'affidavit rempli par l'agent Talbot, lorsqu'il l'a soumis au juge-autorisateur.
Selon Me Fradette, il ne fait aucun doute que l'indicateur de la police était habité d'une soif de vengeance à l'égard de Morency.
Identifié par la Cour sous le pseudonyme de « P », l'individu prétendait enfin que Morency avait acquis une chaloupe et une motoneige volées, ce qui n'a jamais pu être validé au cours de l'enquête.
Reprise des procédures
La requête pour contre-interroger l'affiant sera débattue à compter du 22 février prochain, date à laquelle reprendront les procédures dans l'affaire Morency. Celle-ci mènera ensuite à une dernière requête dont l'objet est de rendre invalides toutes preuves obtenues via l'écoute électronique de Jean-François Morency.
Rappelons que l'ex-procureur doit répondre de 16 chefs d'accusation d'abus de confiance, d'entrave à la justice, de corruption et de composition avec acte criminel, répartis dans quatre dossiers distincts.











