C'est l'avis du psychiatre Sylvain Faucher de l'Institut universitaire de santé mentale de Québec qui a assisté pendant deux semaines au procès de la femme de 35 ans accusée de meurtre prémédité de ses trois enfants Joëlle, 12 ans, Marc-Ange, 7 ans et Louis-Philippe, 4 ans. Le médecin a eu accès au dossier médical de l'accusée et aux notes de l'enquête en plus de la rencontrer le 14 septembre dernier.
En premier lieu, si le choc d'apprendre le projet de son mari avait dissocié son esprit de son corps, il aurait eu pour effet de provoquer une amnésie complète ou partielle. Or, ce ne fut pas le cas selon le psychiatre qui a remarqué qu'elle se souvient très bien des paroles que son mari a prononcées à côté d'elle pour l'encourager à écrire les lettres. Une amnésie partielle ne serait pas aussi tranchée entre le contenu et la façon de l'élaborer.
De plus, l'accusée de mentionne pas à quel moment elle serait retournée dans son corps et aurait repris contact avec la réalité. Elle déclare qu'elle aurait pris connaissance du projet de son mari pendant qu'il était sorti pour poster les lettres; un peu plus tard, elle est rassurée par son regard quand elle lui dit que son projet est insensé. Elle se souvient de tout le reste de la journée a été normal, peut décrire les activités de chaque membre de la famille, y compris leur position dans la maison.
Dans un cas d'amnésie partielle attribuée à la dissociation, explique le Dr Faucher, «l'amnésie est un peu partout et la personne ne fait pas une sélection».
Réflexion
La dissociation aurait aussi empêché toute réflexion. Dans le cas de Cathie Gauthier, «si elle a pu déduire le projet (de son mari), c'est parce qu'elle a réfléchi. Ce n'est pas compatible avec la dissociation. Elle a aussi agi normalement avec ses enfants au cours de l'après-midi et conserve de nombreux souvenirs entre le retour de son mari et le moment où elle boit un «cooler».
«Dans une dissociation, les gens ont perdu le contact avec la réalité. Elle, elle a une personne qui lui dicte quoi faire: l'environnement ne peut avoir d'influence, donc personne ne pourrait dicter».
Culpabilité
En passant en revue les diverses déclarations de Cathie Gauthier qui réduit son rôle au fur et à mesure que le temps passe, le psychiatre arrive à la conclusion qu'elle modifie ses versions pour lutter contre la culpabilité qu'elle éprouve. «Dans toutes ses versions, il y a un fil d'Arianne, un fil conducteur: c'est une façon de s'éloigner de responsabilité.
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