C'est ce qui est ressorti dès l'ouverture du procès intenté par Bertrand Girard contre Ville de Saguenay et le maire Jean Tremblay. Bertrand Girard réclame la somme de 1,4 million $ pour son congédiement le lendemain de la création officielle de la ville ainsi que pour les dommages et inconvénients découlant de la décision du maire, endossée par le conseil municipal. Bertrand Girard a fait cette révélation alors qu'il était interrogé par son procureur, Me Alphonse Lacasse, du cabinet Jolicoeur Lacasse sur la chronologie des événements qui ont mené à son congédiement.
La poursuite avait l'intention de présenter une preuve impliquant tout le processus d'embauche du directeur général par le comité de transition mis en place par le gouvernement du Québec pour créer la grande ville. Le juge Yves Alain, fidèle à ses habitudes, a coupé court à cette démarche. Il a rappelé aux parties qu'il y avait eu embauche du directeur général et congédiement de ce dernier. Selon le juge, la poursuite doit prouver les dommages dans le cas d'un congédiement illégal et la défense doit démontrer que le congédiement a été fait selon ce que stipule la Loi des cités et villes.
L'avertissement du juge n'a toutefois pas empêché les parties de donner une «coloration politique» au congédiement de Bertrand Girard. Me Alphonse Lacasse a ainsi amené son client à faire état de l'esprit qui régnait à l'hôtel de ville de Chicoutimi à la fin de l'année 2001 et au début de l'année 2002. Jean Tremblay, toujours selon les dires de M. Girard, avait beaucoup insisté pendant cette période pour qu'il quitte. Il a même invité Bertrand Girard à négocier son départ avec le «fonctionnaire», le recteur Bernard Angers, nommé président du comité : «Il m'a dit qu'il allait prendre sur lui et qu'il pouvait allonger pas mal d'argent», a déclaré Bertrand Girard, en faisant référence aux propos du maire.
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