La direction exige des employés d'atteindre un objectif de production de 160 000 pieds de bois par quart de travail. S'ils ne le réussissent pas en huit heures, ils doivent continuer à travailler sans être payés.
Cette «proposition» a été faite vendredi dernier aux syndiqués. Ce serait le prix à payer pour éviter une fermeture. Une situation décriée par des employés syndiqués qui se sentent manipulés par la compagnie. «On nous a mis devant le fait accompli, sans vraiment nous donner le choix. La direction a demandé aux travailleurs lors d'une réunion de voter à main levée sur cette proposition. Les gars ne veulent pas perdre leur job et sont dans l'incertitude. Ils espèrent que la production va redémarrer sur une base normale. Ils n'ont pas osé lever la main», explique ce travailleur qui désire garder l'anonymat.
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Le président du syndicat, Luc Blouin confirme les événements et mentionne que le syndicat est coincé face à la situation. «J'ai dit au gars, prenez la décision. Je ne veux pas vous influencer, car l'usine risque de fermer totalement et si c'est le cas vous allez me le reprocher», indique-t-il.
Depuis le début de l'année, l'usine de poutrelle lamellée-collée copropriété de Louisiana-Pacific et AbitibiBowater tourne au ralenti. Les travailleurs ont accepté de se retrouver au chômage et de ne travailler que 8 heures par semaine pour ne pas perdre leur emploi. Environ 85 ouvriers sont touchés par cette décision.
L'usine de Larouche qui fait le même genre de produit a réduit sa production. Les ouvriers de cette usine produisent des semelles de bois de différentes longueurs qui sont transportés à Saint-Prime. Les employés de cette usine les utilisent pour fabriquer des poutrelles. Il s'agirait de la meilleure solution qu'aurait trouvée la compagnie pour maintenir les deux usines ouvertes.
Selon Luc Blouin, il est difficile d'atteindre l'objectif moyen de 20 000 pieds linéaires à l'heure fixée par AbitibiBowater-LP parce que l'équipement est souvent arrêté. «C'est plus difficile parce que ça ne tourne pas pendant toute la semaine comme d'habitude. Nous sommes capables d'atteindre cet objectif dans le contexte d'une semaine complète, car on peut se reprendre sur d'autres factions, mais dans les circonstances c'est beaucoup plus difficile», indique-t-il.
Déjà la mise en place du système montre des ratés. Lundi, les employés ont travaillé trois heures en soirée. La ligne de production a brisé. Ils ont dû renter chez eux pour revenir le lendemain matin achever leur quart de travail.
Il a été impossible d'obtenir le point de vue de la compagnie. Le Quotidien n'a pas eu de retour d'appel de son porte-parole.
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