Le président du Conseil du travail FTQ du Lac Saint-Jean et président du syndicat SCEP de la scierie de Girardville, Michel Routhier, a lui-même rencontré la direction d'AbitibiBowater, hier matin, pour apprendre la fermeture d'un quart de travail dans son usine. Les opérations se poursuivront pendant un certain temps pour approvisionner les usines de papier en copeaux, mais personne n'est en mesure de confirmer jusqu'à quand les scieries du Lac-Saint-Jean vont réussir à survivre sur le mode «copeaux-bois d'oeuvre».
«Je n'ai pas vu une telle situation depuis 1982-1983 alors que le bois d'oeuvre avait traversé une période noire. Le problème de la présente crise est qu'elle touche en même temps la forêt, le papier et le bois d'oeuvre. Depuis quelques semaines il y a des annonces et avec SFK pâte et Louisiana Pacific de Chambord, nous sommes à 1500 chômeurs au Lac-Saint-Jean seulement.»
Michel Routhier refuse de jouer au prophète de malheur, mais rappelle qu'AbitibiBowater a des échéances financières importantes en mars et qu'elle cherche toujours les fonds. Les scieries fonctionnent à capacité réduite et les programmes de travail à temps partagé pourraient se généraliser dans les prochaines semaines pour permettre la rétention du personnel puisque le syndicaliste affirme qu'il y a un sérieux risque de départ massif de personnel qualifié.
Les travailleurs forestiers sont quant à eux perplexes sur la reprise habituelle des activités. Le président du local 3000 du SCEP qui regroupe un peu plus de 700 membres, Serge Théberge, est loin d'être convaincu que les travailleurs vont reprendre la direction des chantiers en mai. Il pense au mois de juin si tout va bien et même un peu plus tard.
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