Les chiffres sont difficiles à obtenir pour le moment puisque les 8900 retraités de cette multinationale sont répartis dans 20 régimes de retraite. Cette réalité découle de la multitude d'acquisitions et fusions survenues au cours des 30 dernières années. Ainsi, Bowater compte six régimes inscrits au registre de la Régie des rentes du Québec, tandis qu'Abitibi-Consoldated, lors de la fusion avec Bowater, regroupait 14 régimes de retraite.
L'exemple du régime de retraite des travailleurs (syndiqués et cadres) des usines Kénogami et Alma illustre assez bien les raisons qui justifient les inquiétudes des retraités. Selon Jean-Roch Boulianne, trésorier de l'association des retraités d'Abitibi-Consoldiated (ARAC), qui regroupe un peu plus de 300 membres dans la région, les résultats de l'évaluation actuarielle réalisés en 2007 et publiés en date du 31 décembre de cette année faisaient état de niveaux de solvabilité de 87 % pour le régime des syndiqués et 89 % pour la caisse de retraite des employés cadre.
« Il devait y avoir une évaluation complète en 2008, mais les chiffres ne sont pas disponibles. Si nous regardons ce qui se passe en ce moment dans les régimes de retraite, ils ont encaissé des baisses de l'ordre de 20 % en général. Ça signifie que notre régime, en tenant compte de sa situation le 31 décembre 2007, afficherait une solvabilité de l'ordre de 70 % «, explique le trésorier de l'association.
L'association des retraités a craint pendant un certain temps qu'AbitibiBowater mette en faillite Abitibi-Consolidated pour racheter à bas prix. Le président de l'ARAC respire un peu mieux depuis qu'il a constaté que la situation financière américaine n'est pas dans un état reluisant. Roméo Duval ne cache pas que les retraités éprouvent beaucoup de difficulté à comprendre les particularités financières de la nouvelle société qui gère de façon indépendante ses dettes canadienne et américaine.
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