Jacques Falardeau, président du Groupe Saga, une bannière comptant 45 dépanneurs Super Sagamie et Sagamie au Saguenay-Lac-Saint-Jean, est bien placé pour parler du portrait qui est loin d'être rose. Pour expliquer la situation difficile, il pointe du doigt un seul facteur: la contrebande de cigarettes qui gruge une importante part des revenus.
«Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il y a plus de 200 dépanneurs. L'an dernier, uniquement dans notre groupe, trois ont fermé. Ce n'est pas compliqué: tous les trimestres, je vois les chiffres baisser de façon exponentielle, et ce n'est pas parce que je vends moins de bas de nylon! Les études des compagnies de tabac, qui prennent en compte toutes les cigarettes vendues, légalement et illégalement, démontrent qu'il y a le même nombre de fumeurs ou presque. C'est donc dire que la contrebande prend de l'ampleur», souligne M. Falardeau.
Ce dernier estime qu'au fil des ans, pourtant, les dépanneurs ont fait des efforts pour s'adapter aux nouvelles réalités, notamment celle des heures d'ouverture prolongées des épiceries et grandes surfaces. Ils ont offert de nouveaux produits et développé des marchés, dont celui de la restauration. Dernièrement, ils ont investi pour camoufler les produits du tabac, comme le gouvernement l'exigeait, perdant par la même occasion des revenus intéressants de la part des fabricants de cigarettes qui investissaient en publicité. Ils ont accepté car ces règles s'appliquent à tous. Mais ils ne peuvent lutter à armes égales contre les contrebandiers.
«Quand un compétiteur baisse le prix de l'essence d'un cent, je peux m'ajuster, c'est de la saine compétition. Mais quand un contrebandier vend à moins de 10$ un carton de cigarettes, alors que je les vends entre 50$ et 75$ selon la marque, c'est de la compétition déloyale», fait valoir Jacques Falardeau.
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