«C'est comme si on mettait 100 000$ sur une Tercel 1991. C'est de l'entêtement», a-t-il martelé il y a quelques jours, à la faveur d'une entrevue accordée au Quotidien. Prenant appui sur ses incessants voyages, lesquels l'amènent à fréquenter les salles de concert les plus prestigieuses de la planète, il affirme que la musique classique sera mal servie dans cet espace intégré au cégep de Chicoutimi.
«On pense au sol et aux bancs, mais on oublie l'acoustique dans ces affaires-là. Même avec une conque, ça va finir comme à la salle Wilfrid-Pelletier, à Montréal. Là-bas, le son tombe dans les premières rangées», fait observer Jean-Philippe Tremblay.
Repartir à neuf
Le problème fondamental, aux yeux du jeune chef, tient à l'enveloppe de béton qui enserre les gradins. Sa forme évasée ne correspond pas aux besoins propres aux formations classiques. À ses yeux, le modèle idéal, que plusieurs salles ont en partage, est celui de la boîte à chaussures.
«Ce que ça prend, c'est une salle en forme de rectangle. Il faudrait en construire une ailleurs en ville, ce qui apporterait un vent de fraîcheur, plaide Jean-Philippe Tremblay. Ça dynamiserait le milieu artistique, le théâtre, l'orchestre symphonique. De la part de la municipalité, il s'agirait d'un «statement».»
Il croit en effet que le Saguenay possède des institutions de haut niveau, qu'on pense à l'orchestre régional, de même qu'à la Société d'art lyrique du Royaume pour laquelle il a dirigé cinq représentations de l'opérette «La vie parisienne au début du mois. Leurs efforts héroïques pour offrir des productions relevées mériteraient un meilleur appui.
«Quand ça tombe dans la politique», laisse échapper Jean-Philippe Tremblay au fil de l'entrevue. Il reconnaît que l'Auditorium Dufour, nouvelle manière, pourra accommoder des formes d'expression comme l'humour et la chanson, mais pas la musique classique. «Partout au Canada, on a eu la maladie des salles multifonctionnelles, qui sont différentes des salles de concert. C'est pour ça que l'Auditorium, même rénové, ça ne marchera pas», anticipe le chef d'orchestre.











