En 2005, la psychologue Anne-Marie Lamothe, alors étudiante à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), levait le voile sur une triste réalité qui affecte le monde de la santé animale en déposant une thèse axée sur le deuil chez les vétérinaires.
À la lumière des commentaires recueillis, la problématique soulevée par la thèse du Dre Lamothe ne serait que la pointe de l'iceberg.
«Ce n'est pas juste l'euthanasie qui est la cause du problème, mais bien tout ce que ça entoure, soutient le directeur général de l'Académie de médecine vétérinaire du Québec (AMVQ), Michel Pépin. Il s'agit d'une profession très exigeante. Les heures de travail sont nombreuses, et les salaires nullement comparables avec ceux des autres professionnels de la santé, que ce soit les médecins, les dentistes, etc.»
Consciente de la gravité de la situation, l'AMVQ a récemment commandé une étude pour évaluer l'état de santé des vétérinaires au Québec. Les résultats de ce sondage, mené auprès de 300 des 1000 médecins vétérinaires de la province, devraient être dévoilés d'ici quelques semaines. «L'étude confirme que de nombreux vétérinaires sont victimes d'épuisement professionnel, davantage que d'autres professionnels de la santé», mentionne M.Pépin, qui préfère ne pas révéler de chiffres pour l'instant.
La gestion financière d'une entreprise, et du personnel qui s'y rattache, s'ajoutent à la quantité de pression et de stress qui repose sur les épaules des vétérinaires propriétaires.
Ces derniers doivent apprendre à négocier avec des clients qui cherchent toujours à payer les plus bas prix possible.
«En médecine humaine, les professionnels n'ont pas ce problème, mais en médecine vétérinaire, l'aspect monétaire entre en jeu. À l'école, les vétérinaires sont formées pour soigner, pour fournir des traitements aux animaux. Sur le marché du travail, ils doivent en plus devenir des hommes et des femmes d'affaires», évoque le docteur Pépin.










