Le report du projet de réfection complète de l'Auditorium Dufour, confirmé hier matin par le maire de Saguenay, Jean Tremblay, constitue une véritable catastrophe pour le milieu culturel régional.
C'est du moins ce qu'ont unanimement soutenu le président du conseil d'administration du Théâtre du Saguenay, Vassilis Fasfalis, le directeur général de l'organisme, Robert Hakim, et la directrice générale du Cégep de Chicoutimi, Ginette Sirois, hier après-midi, dans le cadre d'une entrevue éditoriale accordée au Quotidien.
Bien qu'affirmant respecter la démocratie et l'opinion des 2249 citoyens qui ont signé les registres au cours de la semaine, les trois intervenants n'ont pas caché leur surprise et leur immense déception devant la volte-face survenue dans le cadre du projet.
«Les gens ont signé contre un projet sans comprendre toute la portée de leur geste. Ils ont signé pour un rêve sans en mesurer toutes les conséquences. Il nous a fallu des années d'efforts et des démarches soutenues afin de trouver l'argent. Tout vient d'être démoli en un mois à peine. Ailleurs, les autres diffuseurs sont stupéfaits», illustre Robert Hakim.
Et les conséquences de ce revirement de situation risquent d'être majeures, font valoir les trois partenaires.
D'abord, la tenue d'aucun spectacle n'est prévue à l'Auditorium Dufour pour les deux prochaines années, dans le meilleur des cas.
La programmation 2009-10 est déjà coulée dans le béton dans des salles de Jonquière et de La Baie. Le même scénario prévaut pour 2010-11, année où des travaux étaient prévus, ou seront inévitables si jamais le scénario de modernisation de la salle du cégep chicoutimien est retenu par la population via référendum.
Or, si jamais le projet de construction d'une nouvelle infrastructure est choisi, la confection des plans et devis, l'élaboration du montage financier et les délais de construction pourraient s'étendre sur une période de six ans, voire plus, même si tout se déroule à la perfection.
Et à partir de maintenant, l'Auditorium Dufour est fermé et le restera.
«Nous avons étiré l'utilisation de l'auditorium au maximum en prévision des travaux prévus. Maintenant, il n'est plus utilisable. Il n'est plus sécuritaire. On ne peut pas y retourner», affirme Robert Hakim.
«D'ailleurs, dans le contexte actuel, nous ne laisserons même plus les membres du Ciné-club y retourner», ajoute Ginette Sirois.
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