Découragement et amertume à Dolbeau-Mistassini

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Au bout du rouleau. Découragés. Amers. Les travailleurs qui campent au pied... (Le Quotidien, Louis Potvin)

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Le Quotidien, Louis Potvin

Louis Potvin
Le Quotidien

(DOLBEAU-MISTASSINI) Au bout du rouleau. Découragés. Amers. Les travailleurs qui campent au pied de la papetière n'en mènent pas large. Ils pensent de plus en plus que l'avenir de leur usine est compromis, qu'une fermeture définitive est imminente.

«On ne sait plus quoi penser. Nous avons toujours l'espoir qu'elle va redémarrer, mais les signaux que nous avons ne sont pas très encourageants», mentionne Claude Sasseville.

La douche froide, les syndiqués l'ont eu après que le maire Georges Simard et les présidents de syndicats, Léger Bilodeau et Gilles Bouchard, aient rencontré AbitibiBowater.

«Ce n'est pas encourageant du tout. J'ai l'impression que la décision est prise depuis longtemps. On se rattache à la rencontre qui devrait réunir les ministres, Boralex et AbitibiBowater ici à Dolbeau-Mistassini. C'est notre dernier espoir», affirme David Lejeune. Ce dernier couche dans une tente presque tous les soirs en guise de solidarité.

Efforts

Les travailleurs sont amers parce que tous les efforts déployés pour rendre l'usine rentable ne semblent rien donner.

«Chaque petit geste a été regardé pour sauver du temps pour être plus productif. On se l'est fait dire par la direction, mais là on ne comprend plus rien, car nous avions des commandes pour le reste de l'année et nous étions très rentables. La compagnie cache quelque chose et elle ne veut pas le dire. Elle met ça sur le dos de Boralex, mai il y a autre chose», ajoute un autre travailleur.

La solidarité est toujours présente chez les syndiqués, mais dans les discussions, le découragement est palpable. Ils étaient une dizaine réunis hier dans leur village de Gaulois à envisager divers scénarios. «On fait juste penser à ça et aux actions à faire pour les faire réagir», mentionne Dany Boivin.

Plusieurs sont rongés par l'inquiétude. «J'ai perdu 15 livres à cause du stress que cette fermeture cause. J'ai 49 ans, qu'est-ce que je vais faire? Ça ne sera pas facile de me trouver une job. De plus, c'est presque impossible de déménager, car ma femme à un bon travail dans l'enseignement», confie Claude Sasseville.

La même inquiétude hante Claude Tardif. «Ça fait trente ans que je travaille ici et, du jour au lendemain, on te donne un coup de pied au cul et on te dit: ''va t-en chez vous''. À 50 ans, on ne se replace pas facilement», lance-t-il.

// La version complète du texte est disponible dans votre Quotidien

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