Gilbert Dominique s'impatiente devant le retard des rencontres prévues avec le premier ministre du Québec. Le chef des Montagnais du Lac-Saint-Jean demande à Jean Charest de respecter le déroulement des négociations territoriales.
Un face-à-face à tous les trois à quatre mois était la fréquence prévue par les deux parties. La dernière réunion remonte à plus d'un an. En effet, Jean Charest a reporté sa rencontre de décembre 2008 en mars 2009, réunion qui est finalement tombée à l'eau. Le premier ministre s'était alors engagé à rencontrer les chefs en juin dernier. Rendez-vous également annulé.
En juillet dernier, le ministre responsable des Affaires autochtones, Pierre Corbeil, s'était ensuite engagé à organiser une rencontre avec Jean Charest d'ici à quelques semaines, avant la reprise des négociations en septembre.
«C'est ce qu'on avait compris lorsqu'il est venu dans la communauté. Mais depuis, nous n'avons pas eu de nouvelle. Est-ce que Québec considère moins importante la dynamique des négociations?», se questionne-t-il.
Si pour l'instant, les négociations se font dans le respect et le calme entre les représentants autochtones et gouvernementaux, le chef n'écarte par la confrontation si Jean Charest continue de faire la sourde oreille.
«Ce n'est pas ça qu'on veut évidemment. Avant d'élaborer des stratégies et de mettre de la pression, on va tenter de s'entendre. Mais tout à l'heure, on va peut-être voir une certaine forme de confrontation. On souhaite protéger ce qu'on a convenu. Et dans certains cas, le gouvernement ne respecte pas ses engagements pris dans l'entente de principe. Ce qui portera préjudice à nos droits», plaide le chef Dominique, donnant l'exemple de la prospection du potentiel minier dans les monts Otish et du développement de la pêche sur l'Ashuapmushuan sans que les communautés ne soient consultées.
Le porte-parole des trois communautés impliquées dans cette négociation, Masteuiash, Natashquan et Essipit, tente donc de convaincre le premier ministre de la pertinence d'une rencontre pour valider de nouveau certains points. «J'ai personnellement appelé au bureau de M. Charest. On fait du surplace et on veut éviter de possibles secousses», termine le chef Dominique, qui espère avoir une réponse du premier ministre sous peu.











