Ce concept, nommé Maison familiale rurale, offre une manière de réussir autrement afin de contrer le décrochage scolaire extrêmement élevé dans les communautés autochtones. Ce taux atteint 48% à Mashteuiatsh depuis trois ans.
Les initiateurs de ce projet, unique au Canada pour les autochtones, croient que cette maison sera mieux adaptée à la réalité de ces jeunes déconnectés du système éducatif. «Dans les autres maisons familiales rurales au Québec, on note un taux de réussite de 82%. C'est ce qu'on vise ici», mentionne Lucien Boivin, un des responsables.
La Maison familiale rurale propose donc une formation alternant entre une semaine de stage et une semaine de cours. Les jeunes vivent en communauté dans les résidences de l'Échappée bleue.
Principalement, on vise des jeunes un peu désorientés et dont la vie en famille n'est pas évidente.
«On veut développer le savoir-être des jeunes en créant des liens tout en stimulant le sentiment d'appartenance à ce nouveau milieu de vie. Ils sont appelés à être responsables et accomplir des tâches quotidiennes rattachées à la vie courante», explique Aurélien Launière, coordonnateur.
Déjà six jeunes d'Obedjiwan démontrent de l'intérêt pour cette école alternative. Leslie Chachai, 21 ans, ne veut pas passer sa vie sur l'aide sociale. «Je trouve le concept cool. Nous sommes sur le bord du lac. Je pense que ça va être le fun. Ça fait longtemps que j'ai décroché et je veux me prendre en main, mais l'école normale ne me convient pas», explique-t-il.
Leslie va s'occuper de son frère de 16 ans, Lenny, qui s'inscrira aussi. Il va lui servir d'interprète, car il ne maîtrise pas bien le français. Jason Weizineau a été incapable de terminer son secondaire 2 alors qu'il a 17 ans. Il a décroché. Trop vieux pour la classe.
Dans un premier temps, les jeunes vont effectuer une mise à niveau pour atteindre les préalables nécessaires pour s'inscrire dans un cours en vente-conseil ou en protection et exploitation de territoires fauniques. Puis, à l'automne, ils s'inscriront à un de ces cours.
Les trois valeurs de la maison sont symbolisées par l'outarde pour la solidarité, le tambour pour la communication et le canot pour la direction à prendre.
«C'est l'insertion dans son milieu de vie qui provoque souvent l'éveil intellectuel du jeune. Nous voulons que le jeune se sente bien pour le stimuler afin de lui redonner le goût d'apprendre», mentionne la présidente du conseil d'administration, Johann Buckell.
C'est pourquoi la vie en résidence sera très animée. De nombreuses activités liées à la culture autochtone seront proposées. L'accent sera mis notamment sur la réalisation de projets artistiques comme la peinture, les légendes, la musique et l'artisanat.
On souhaite accueillir entre 15 et 30 jeunes pour la première cohorte qui commencera en janvier. Cette maison familiale rurale est administrée par une coopérative de solidarité composée de parents, d'entrepreneurs et de jeunes. Il en coûte 10$ pour être membre. Les familles devront débourser 250$ par mois pour la pension de leur jeune. De l'aide financière peut être accordée par les conseils de bande. L'école est aussi ouverte aux non-autochtones. Les inscriptions sont actuellement en cours.











