D'une puissance installée totalisant 162 mégawatts, ce réseau hydroélectrique privé a pour unique objet l'approvisionnement des papetières de Kénogami et d'Alma, en vertu de l'article 11 de la Loi 8.
Adoptée en 1999 par l'Assemblée nationale du Québec, cette loi prévoit qu'AbitibiBowater ne peut «céder, transférer ou autrement aliéner les droits qui lui sont consentis en vertu de la présente loi à moins d'avoir obtenu l'autorisation du gouvernement et, le cas échéant, de s'être conformé aux conditions déterminées par celui-ci».
En février 2009, alors qu'il réagissait aux pressions des représentants syndicaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le gouvernement a reconnu que les centrales d'Hydro-Saguenay et les papeteries concernées sont des entités indissociables. Par le biais du ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune, Serge Simard, Québec avait alors déclaré: «Nous allons nous assurer que la loi soit respectée. Nous avons aussi rassuré les travailleurs. S'il y a des discussions à y avoir autour de ces barrages, ces derniers y seront. Ils doivent faire partie de la solution et être mis dans le coup.»
Président du Syndicat national des travailleurs et travailleuses des pâtes et papiers d'Alma, Raynald Lapointe juge qu'il est improbable, voire tout à fait impossible que le gouvernement n'ait pas donné sa bénédiction à AbitibiBowater, avant qu'elle décide de placer Hydro-Saguenay en garantie. Aussi déplore-t-il le silence du ministre Simard qui, au cours des derniers jours, a été interpellé à plusieurs reprises en regard à cette affaire. Jusqu'ici, toutes les démarches amorcées auprès du député de Dubuc sont demeurées vaines.
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