«C'est monstrueux. On ne peut pas attendre trois ou quatre heures debout, au froid, pour se faire vacciner. Ça n'a aucun sens», lance une résidante de la Villa Chicoutimi, Mathilda Bergeron. Celle-ci est âgée de 80 ans. Elle a tenté de se faire vacciner en début de semaine, au Vieux-Port de Chicoutimi.
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«Je suis bronchique et asthmatique. Et j'ai une maladie au poumon. Mon médecin m'a dit que je devais me faire vacciner, mais je n'ai pas pu, parce que j'ai 80 ans», explique la dame, outrée. Cette semaine, ce sont les personnes souffrant de maladies chroniques âgées de moins de 65 ans qui pouvaient se faire vacciner. Mme Bergeron a donc été retournée chez elle.
«J'ai très peur. Si j'attrape la grippe, je vais peut-être m'en sortir, mais peut-être que non, avec ma maladie. Dès que quelqu'un tousse à côté de moi, je m'éloigne», raconte Mathilda Bergeron. Un autre résidant, Bernard Gagné, est également très inquiet. «Ça n'a pas de bon sens. Des prisonniers se font vacciner et nous, on doit attendre!», indique M. Gagné.
«Les gens sont très inquiets. Au moindre petit symptôme, ils se demandent s'ils n'ont pas la grippe A (H1N1)», souligne pour sa part la directrice générale de l'établissement, France Tremblay. Elle souhaite que les quelque 230 résidants de la Villa Chicoutimi soient vaccinés sur place. «Nous l'avons demandé, mais on nous a dit que ce ne serait pas possible. Pourtant, des infirmières viennent en résidence pour la grippe saisonnière», déplore France Tremblay.
«On ne peut pas demander aux gens d'aller en autobus dans les centres de vaccination. Ils n'ont pas tous des enfants qui peuvent les accompagner», indique Mme Tremblay. «C'est impossible, à 84 ans, d'aller attendre dans un centre. On n'a plus la force», mentionne un résidant, Hormidas Tremblay.
La grippe A (H1N1) est le principal sujet de discussion à la Villa Chicoutimi. «On n'ose plus écouter les nouvelles, c'est très angoissant», mentionne Mathilda Bergeron.
L'infirmière de l'établissement, Lyne Germain, affirme que les résidants sont très inquiets et n'hésitent pas à faire appel à ses soins. «Présentement, il y a une ou deux personnes qui ont des symptômes grippaux, mais on n'est pas sûr que ce soit la H1N1», indique Mme Germain.
«Quand la grippe va entrer ici, ça va être l'enfer», souligne la directrice générale, qui espère que le Centre de santé et de services sociaux de Chicoutimi changera d'idée et offrira le vaccin contre la grippe A (H1N1) dans les résidences pour personnes âgées.
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