C'est du moins ce que constatent les responsables des différents services budgétaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui rencontrent régulièrement des clients aux prises avec de sérieux problèmes financiers, en raison notamment du crédit facile qui les incite à consommer. Hier, ils ont dévoilé les résultats d'une enquête réalisée auprès de 356 jeunes, à la grandeur de la province, par la firme L'Observateur. Ceux-ci démontrent que le recours au crédit fait partie des moeurs des consommateurs, autant pour combler des besoins essentiels que pour se procurer des produits de luxe.
«Les jeunes veulent tout avoir, tout de suite. Ils ne regardent pas leurs revenus disponibles. Il sortent leurs cartes de crédit», raconte Josée Séguin, du Service budgétaire de Chicoutimi.
Et fait encore plus inquiétant, même s'ils sont souvent instruits, ils ne connaissent pas les modalités liées à leurs cartes de crédit. Un jeune sur trois ne connaît pas le taux d'intérêt, et 60 % ne sont pas au courant du calcul d'intérêt pour les achats effectués par carte de crédit. Il y aurait donc lieu de les informer et de les sensibiliser davantage aux coûts liés à l'utilisation excessive de ce mode de paiement. Surtout à l'approche des Fêtes, période effervescente dans les achats.
«La réalité est faussée. Pour les jeunes, l'argent est virtuel. Ils ont rarement du comptant sur eux, ils paient avec une carte de débit ou de crédit. Avec internet, ils ont accès à un immense catalogue d'achats. Et malheureusement, ils n'ont plus de cours de finances personnelles au secondaire», déplore Germain Morin, du Centre populaire de Roberval.
Pour contrer cette tendance, les associations de consommateurs demandent au gouvernement d'interdire toute sollicitation et toute publicité sur le crédit. Il faut savoir que 22 % des jeunes ont obtenu une carte après avoir cédé à la pression de la sollicitation, que ce soit par la poste, l'école ou un commerçant.
Il est possible d'évaluer ses connaissances du crédit sur le site www.danslamargejusquaucou.com .











