Bien qu'Énergie Électrique Québec soit l'une des divisions les plus rentables de RTA, et ce, à l'échelle planétaire, celle-ci n'échappe pas à la restructuration amorcée par la compagnie. En décembre dernier, la multinationale a fait connaître ses attentes aux représentants syndicaux de la division. En résumé, RTA souhaite abolir, d'ici 2015, 190 des 424 emplois syndiqués rattachés aux centrales qu'elle possède au Saguenay-Lac-Saint-Jean. L'objectif pourrait être atteint par le biais de l'attrition naturelle.
Ces postes seraient ensuite confiés à des entreprises sous-traitantes.
Entre autres corps de métiers ciblés, on qualifie de non essentiels les soudeurs, les menuisiers, les opérateurs de machinerie lourde, les magasiniers de même que certains machinistes.
Jeudi dernier, le président du Syndicat des employés d'Énergie Électrique Québec (SEEEQ), Pierre Simard, a partagé avec ses membres les ambitions de Rio Tinto. La réaction fut instantanée et unanime, raconte-t-il.
«Les gens sont enragés. On n'a pas vu venir ce coup-là. C'est le genre de mesure qui est prise quand une usine est en crise, pour la rendre plus compétitive. Dans notre cas, c'est tout le contraire. RTA profite largement de nos ressources naturelles ainsi que des subventions qu'elle a reçues de Québec, à même l'argent des citoyens. L'hydroélectricité qu'elle produit au Saguenay-Lac-Saint-Jean, c'est 600 millions$ d'avantages chaque année. Qu'est-ce qu'ils veulent de plus?», questionne Pierre Simard, au cours d'une entrevue accordée au journal Le Quotidien.
Selon lui, l'appétit de Rio Tinto est devenu insatiable. Le géant anglo-australien, qui a acquis Alcan en 2007, trouvera toujours le moyen de «presser le citron davantage», illustre-t-il.
«Dans la tête des dirigeants de Rio Tinto, nous ne serons jamais assez compétitifs. Ils n'en auront jamais suffisamment. Ils ont l'audace, ou plutôt l'arrogance de demander des assouplissements aussi importants à une division qui imprime de l'argent», s'insurge le représentant syndical.
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