Le projet de loi sur l'euthanasie et le suicide assisté soulève l'intérêt

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Le projet de loi C-384 qui légaliserait l'euthanasie et le suicide assisté... (Le Quotidien, Sylvain Dufour)

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Le Quotidien, Sylvain Dufour

Dave Ainsley
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Le projet de loi C-384 qui légaliserait l'euthanasie et le suicide assisté amène des inquiétudes, particulièrement chez les personnes âgées. La population a besoin de plus d'information pour se faire une idée juste sur l'euthanasie et le suicide assisté.

«Il faut que la réflexion soit plus nuancée. Il faut évaluer les conséquences à long terme», pense Hélène Archibald, médecin au département des soins palliatifs à l'hôpital de Chicoutimi.

 

Avec le vieillissement de la population, le débat sur l'euthanasie et le suicide assisté sera à l'ordre du jour au cours des prochaines années. La députée du Bloc québécois de la circonscription montréalaise de La Pointe-de-l'Île, Francine Lalonde, a déposé en Chambre en septembre dernier un projet de loi visant à décriminaliser l'euthanasie et le suicide assisté pour les personnes en phase terminale.

Les principales critiques viennent du fait que le projet reste vague sur le concept de malade en phase terminale et ne fait aucune mention des personnes âgées.

Le débat reprendra au retour des parlementaires à Ottawa en mars. Déjà, des membres du Comité de la condition des femmes et du partenariat du diocèse de Chicoutimi ont rencontré dernièrement tous les députés de la région pour leur faire part de leurs inquiétudes.

Le sujet soulève certainement l'intérêt. Hier soir, environ 150 personnes ont assisté à une soirée d'information. Hélène Archibald agissait comme conférencière, tout comme l'administrateur et prêtre de la Maison Notre-Dame, Arthur Boudreau, ainsi que l'éthicienne Marie-Andrée Tremblay qui a réalisé sa thèse de doctorat sur ce sujet.

En entrevue avant le début de l'activité, les conférenciers mentionnaient qu'ils désiraient avant tout profiter de la soirée pour donner l'information nécessaire aux personnes présentes. «On peut donner notre opinion, mais pas les réponses», souligne Hélène Archibald.

Dans les différents sondages sur la question, la légalisation de l'euthanasie récolte toujours un peu plus de 75% d'opinions favorables. Selon eux, ce chiffre baisserait si les gens connaissaient les impacts réels. «Souvent, les gens sont favorables à l'euthanasie et quand ils font face à la réalité, ils demandent des soins et veulent vivre», raconte Hélène Archibald qui ajoute que les soins palliatifs ont fait un grand bond depuis quelques années.

Pour les trois conférenciers, il est possible d'avoir du temps de qualité même si la mort approche. Arthur Bourdeau raconte qu'en fin de semaine dernière, il a célébré un mariage à la Maison Notre-Dame, endroit pour les malades en phase terminale. «Il n'y a pas que du laid dans la mort», souligne-t-il avant qu'Hélène Archibald lance: «On reste en vie jusqu'à la fin», sous le regard approbateur de ses collègues.

Des pays européens comme les Pays-Bas, la Belgique et la Suisse ont légalisé l'euthanasie et le suicide assisté. Dans le cadre de son doctorat, Marie-Andrée Tremblay a étudié la question et plusieurs questions éthiques restent encore en suspens. «Il y a des glissements», constate-t-elle.

 

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