Saguenay devait suspendre la prière après la décision de Laval

Me Luc Alarie... (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Me Luc Alarie

Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Serge Lemelin
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Le Mouvement laïque québécois estime que la question de la présence de la prière au conseil municipal est réglée depuis que le Tribunal des droits de la personne a ordonné à la ville de Laval de cesser cette pratique le 22 septembre 2006. De plus, la Commission des droits de la personne a fait parvenir à toutes les municipalités du Québec une lettre recommandant de changer leur pratique et de s'adapter à la décision.

Si Saguenay n'était pas d'accord, le conseil municipal aurait dû demander au Tribunal des droits de la personne la permission d'intervenir à l'intérieur des 30 jours du délai d'appel. Ne l'ayant pas fait, le conseil municipal ne peut plus revenir sur la question qui est «chose jugée» et doit se conformer à la décision, selon Me Luc Alarie, avocat du Mouvement laïque québécois au cours de sa plaidoirie en faveur du bannissement de la prière au conseil municipal et du rangement de deux symboles religieux en dehors des salles publiques de Chicoutimi et de La Baie.

 

L'avocat du MLQ réclame au nom d'Alain Simoneau, un plaignant domicilié à Saguenay, une indemnité de 50 000$ à titre de dommages moraux et punitifs ainsi que le paiement de frais judiciaires extraordinaires d'environ 100 000$ pour les honoraires d'avocat.

Me Alarie a plaidé devant la juge Michèle Pauzé et deux assesseurs du TDP la connaissance du maire Jean Tremblay de cette décision et le fait qu'il a persisté en continuant de lire une prière avec les conseillers municipaux deux minutes avant le début de l'assemblée publique.

«Par prudence, le maire et la municipalité auraient dû suspendre la récitation de la prière en attendant que le tribunal se prononce», a soutenu en substance Me Alarie.

À son opinion, le maire Jean Tremblay a amené la ville dans son combat personnel et le conseil municipal est responsable de l'avoir laissé faire.

Il estime que le greffier et le directeur de Saguenay ont abdiqué devant le pouvoir politique du maire en lui confiant la conduite du dossier au lieu d'appliquer les décisions des tribunaux et de conserver le caractère neutre et laïque d'une municipalité.

La plaidoirie de l'avocat du MLQ a duré un peu plus de trois heures pour rassembler ses arguments en faveur du bannissement de la prière. Pour lui, le combat personnel du maire Tremblay et son arrogance a eu pour effet de nier à un citoyen son droit à une assemblée publique en offrant plutôt quelque chose qui s'apparentait à «une cérémonie religieuse à caractère coercitif», comme l'a indiqué son expert anthropologue Daniel Baril, au cours de son témoignage.

//La version complète du texte est disponible dans votre Quotidien

 

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