Ces drames inexplicables qui dérangent

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Opinion du lecteur
Le Quotidien

Comment se fait-il que la seule pensée d'un film sur la tragédie de l'École polytechnique nous bouleverse autant, alors que ce long métrage montre très peu de scènes explicites et ne tombe pas dans le sensationnalisme barbare, contrairement à de nombreux films d'horreur américains?

Afin de comprendre, considérons tout d'abord l'histoire elle-même: le 6 décembre 1989, Marc Lépine se présente à cette école avec une arme à feu et tue 14 femmes de sang-froid.

 

C'est, bien entendu, un acte horrible, la pire tuerie de toute l'histoire du Québec. Mais, de nos jours, ce n'est plus l'horreur qui nous dérange, car des massacres, nous en voyons souvent. Rappelez-vous que l'histoire de l'humanité est faite de guerres, d'exterminations et de destructions massives.

Chez nous

Le détail qui entraîne certains à refuser systématiquement de visionner le film, c'est qu'il n'y est pas question d'un acte terrible perpétué au Moyen-Orient ou aux États-Unis. Il est le fait d'un jeune de chez nous. Cela aurait pu être un fils, un frère, un voisin, un ami...

Étant donné que tout s'est passé si près de nous, il devient difficile de coller au tueur une rassurante étiquette de fou sanguinaire, qui nous aurait permis d'expliquer ses horribles gestes haineux à l'égard des femmes sans se poser trop de questions.

Eh! non, Marc Lépine n'était pas un monstre, il était comme vous et moi, à la différence près qu'il était psychologiquement très malade.

Ce qui ne lui enlève pas son statut d'humain. Il ne reste donc qu'une seule alternative: si nous ne pouvons le déshumaniser et le catégoriser comme un monstrueux tueur sanguinaire dément, il faut tenter de découvrir dans quel état d'esprit il se trouvait, le 6 décembre 1989.

Motivations

Qu'est-ce qui peut bien entraîner un humain à attenter à la vie de ses semblables? Je crois que c'est dans ce but que le film «Polytechnique» a été produit. Nous devons tirer quelque chose de ce drame, nous devons cerner les problèmes psychologiques qu'avait le tueur afin de pouvoir, à l'avenir, intervenir, si besoin est, auprès d'une personne désespérée comme lui l'était.

Je suis convaincue que le réalisateur, Denis Villeneuve, n'a pas commis d'erreur en mettant le drame de l'école Polytechnique au grand écran.

Il faut agir, tirer des leçons de notre passé et faire disparaître toute la haine et l'isolement dans lesquels notre société nous plonge présentement.

«Polytechnique» ne tourne pas le fer dans la plaie, il permet, plutôt, du moins je l'espère, de régler le passé pour ensuite mieux entrevoir l'avenir.

Julie Collerette-Villeneuve

étudiante

Cégep de Chicoutimi

 

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