En particulier, de celui d'Ottawa, qui ne veut pas se porter garant de la dette monstrueuse de cette forestière.
On reproche aussi au fédéral de ne pas vouloir mettre l'industrie à l'abri, dans son ensemble, de la crise en distribuant des subventions directement aux entreprises, des prêts, des garanties, et tout le train de mesures habituelles de redressement.
Spécialistes
Pendant que ces messieurs ratiocinent à tous les vents dans les médias, une réalité s'impose à tout observateur sérieux et de bonne foi et que traduisent, avec force pertinence, les analyses des spécialistes les plus renommés en la matière tels, les LeBouitillier, Filion et quelques autres.
Primo, la «crise» n'est pas une crise, mais un effondrement planétaire du marché du papier et du bois d'oeuvre.
Secundo, le modèle affairistes de l'industrie forestière au Québec, et particulièrement de ce géant qu'est AbitibiBowater, ne satisfait plus aux critères d'un marché en pleine mutation.
Enfin, tertio, AbitibiBowater est tout simplement victime de sa propre turpitude.
Conclusion: toute action visant des secours directs à AbitibiBowater, de la part des gouvernements, aurait été vaine, une perte nette, et n'aurait servi qu'à graisser les actionnaires.
Transactions
La stratégie des gestionnaires de ce grand prédateur économique, en se plaçant sous la loi de la protection contre les créanciers (parmi lesquels se trouvent, au premier chef, les municipalités) est de tenter de soutirer le maximum des gouvernements. Le tout avec un simulacre de plan de redressement financier impliquant des fermetures et des ventes d'actifs dont, évidemment, les centrales hydroélectriques.
Les différents paliers de gouvernement sont bien mal placés pour s'opposer à ces transactions dans un pareil contexte.
Il s'agit d'une dernière et ultime ponction dans le portefeuille et le garde-manger des Québécois, avant de plonger définitivement vers la faillite.
Actifs
C'est justement cette stratégie qu'a flairé ce rusé premier ministre Danny Williams, de Terre-Neuve, (le Hugo Chavez de l'Amérique du Nord)! Son gouvernement décrétait, récemment, l'expropriation pure et simple d'AbitibiBowater qui menaçait de fermer son usine de Grand Falls. En récupérant les actifs, les contrats d'approvisionnement, les centrales hydroélectriques et bientôt, peut-être, les usines, l'État du Newfoundland se donne les leviers pour se repositionner rapidement sur les marchés en émergence, remettre ses travailleurs sur les rails... et les profits dans le Trésor public. Et voilà le travail!
Richard Harvey
L'Ascension










