Les animaux mieux traités que les humains

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Le Quotidien

Je réagis aux débats des derniers jours et à un article paru dans Le Quotidien, récemment, au sujet du droit à l'euthanasie.

L'année dernière, j'ai accompagné ma mère dans la maladie. Je peux vous dire que ma mère était une battante. Elle a combattu avec courage un cancer du pancréas. Dès le début de sa maladie, elle nous mentionnait qu'elle allait se battre tant qu'il y aurait un espoir de guérison, mais que, si plus rien ne pouvait être fait, elle désirait qu'on l'aide à mourir.

Elle a consulté les meilleurs spécialistes et a subi tous les traitements possibles. En mars 2008, après quatre mois de durs traitements, on lui apprenait que son cancer était incurable.

Mourir à petit feu

Ma mère nous indiquait régulièrement sa peur de mourir à petit feu, de «traîner» comme elle disait. Malheureusement, le droit à l'euthanasie n'est pas permis au Canada. La peur de ma mère s'est concrétisée. Petit à petit, nous l'avons vu perdre son autonomie. De jour en jour plus faible et plus maigre. En tout, nous avons dû passer plus de six mois à son chevet. Impuissants, nous avons assisté à sa longue agonie. Vers la fin, elle a reçu des doses astronomiques de calmants. Elle suppliait en vain ses médecins de l'aider à mourir.

Finalement, le 10 décembre 2008, ma mère s'est éteinte. Mon premier sentiment, lorsque j'ai constaté son décès, a été la joie. Parce que l'on ne peut pas voir un être aimé subir ce que ma mère a vécu. Selon le personnel du Centre Cléophas-Claveau, ma mère a battu tous les records des soins palliatifs de l'histoire de l'hôpital. Où est la dignité dans cette histoire?

Volonté

Je tiens à préciser qu'elle a reçu des soins exceptionnels de la part du personnel soignant, et ce, autant à l'hôpital qu'au CLSC. Mon père et moi avons été très bien soutenus. Le problème n'est pas dans la qualité des soins reçus, mais dans le fait que les volontés de ma mère n'ont pu être respectées. Elle est décédée exactement comme elle ne voulait pas, à petit feu!

Jamais, au grand jamais, quelqu'un ne laisserait mourir son animal de compagnie de la sorte. On l'accuserait de cruauté. On a pitié d'un chien, mais pas d'un être humain!

C'est incompréhensible: on ne peut pas mettre fin aux souffrances d'un mourant en ayant recours à l'euthanasie, mais on peut lui administrer des doses massives de calmants. Selon moi, nous contrôlons déjà la mort, mais de façon hypocrite.

Soins palliatifs

Cette longue agonie a aussi un coût social. Combien cela a-t-il pu coûter à l'État de maintenir en vie ma mère contre son gré? Si l'on considère que ma mère a été hospitalisée durant pratiquement un an, qu'elle a reçu des soins palliatifs à la maison, que j'ai dû m'absenter de mon travail pendant plusieurs mois... Le coût total doit être impressionnant.

Et je ne parle pas de notre épuisement physique et moral. La souffrance de mes enfants, que j'ai négligés pour être auprès de ma mère, de mon conjoint, qui a dû s'occuper seul de la famille.

Il est temps qu'un débat de société se fasse sur le droit à l'euthanasie. Un programme extraordinaire existe déjà en Belgique, où les mourants peuvent avoir recours à l'euthanasie s'ils le désirent. L'AFÉAS s'est prononcée, dernièrement, en faveur de ce droit. Les spécialistes du Collège de médecins se sont également prononcés positivement. Qu'est ce que la population attend pour faire avancer ce débat?

Marie-Josée Gobeil

Alma

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