L'heure des défis

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

On croirait que Jean-Pierre Blackburn suit les traces de son illustre prédécesseur provincial, Gérald Harvey. Il hérite du ministère fédéral du Revenu, après avoir assumé celui du Travail et du Développement économique du Canada pour les régions du Québec.

À son avènement au pouvoir, en 1970, le Premier ministre Robert Bourassa avait d'abord confié le Revenu à son député de Jonquière. Et, en 1975, au terme d'un mandat qui ne lui sera pas renouvelé, il l'avait muté au ministère du Travail.

L'histoire régionale rappelle, aujourd'hui, une autre similitude entre les différentes équipes qui ont représenté le Royaume de la démesure à Québec et à Ottawa, celle des tandems.

Jean-Noël Tremblay et le Dr Roch Boivin

Lorsqu'à la surprise générale, Daniel Johnson père délogea, avec trois sièges de majorité, en 1968, l'équipe du tonnerre Lesage-Lévesque ? qui avait notamment procédé à la nationalisation de l'électricité ? il invita Jean-Noël Tremblay et le Dr Roch Boivin, respectivement députés de Chicoutimi et de Dubuc, à siéger au Conseil des ministres.

Un règne qui prit fin au décès de Daniel Johnson, lors d'une grande célébration du génie québécois à la centrale hydroélectrique de Manic V, deux ans et trois mois plus tard.

Le délai fut néanmoins suffisant pour permettre à ce gouvernement éphémère d'amorcer la construction du pont Dubuc, de l'Hôpital de La Baie, du prolongement de la route Chicoutimi-Nord?Tadoussac et de jeter les bases de l'Université du Québec à Chicoutimi.

Le règne des Bouchard

Fils de Baie-Comeau, Brian Mulroney reprit l'initiative du Daniel Johnson en nommant Benoît Bouchard et Lucien Bouchard, les élus de Roberval et de Lac-Saint-Jean, à son Conseil des ministres à la fin de la décennie 1980.

C'est, sans doute, grâce à l'influence de ces deux députés fédéraux, respectivement titulaires des Transports et de l'Environnement, que l'homme d'affaires Laval Fortin, d'Alma, et ses collaborateurs, réussirent le déblocage du projet de la Route du Nord. Une autre réalisation Ottawa-Québec estimée à 75 millions$.

L'investissement rapporte au centuple depuis la reprise des grands travaux d'exploitation hydroélectrique de la Baie James. Nos entrepreneurs n'ont plus l'obligation de faire le grand détour par l'Abitibi avant d'atteindre les chantiers. Même les équipes de la région métropolitaine y trouvent leur profit.

Et, pourtant, dans le sud de la province, les opposants dénonçaient ce qu'ils percevaient comme un gaspillage des fonds publics. Une route inutile, s'indignait la presse nationale, qui «est avant tout un cadeau aux leaders d'opinion de là-bas». Aujourd'hui, elle s'avère plutôt, pour notre région, une porte ouverte sur les immenses richesses du Moyen-Nord.

// La version complète du texte est disponible dans votre Quotidien

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