| Commenter Commentaire (1)

Pas la bonne cible!

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Sur le même thème

 

Myriam Ségal
Le Quotidien

Des amis, fans de jeux vidéos, cherchaient désespérément pour Noël «Rock Band 2». La batterie, la guitare et le micro de la première version n'attendaient que la suite, avec plus de chansons, des prouesses et possibilités supplémentaires.

«Guitar Hero» avait déjà révolutionné le monde du jeu: au lieu de s'enfermer dans un univers virtuel avec une manette qui bouge à peine, le joueur, debout, une guitare factice en bandoulière, s'exécute comme une vraie rock star sur scène. «Rock Band» est de surcroît plus social: 3 pseudomusiciens doivent synchroniser leurs efforts pour interpréter les chansons ensemble, parfois en s'entraidant.

 

Exit, les jeux créateurs d'obèses taciturnes et isolés dont seuls les pouces bougeaient souplement!

Introuvable

Mais voilà, mes copains ne trouvent pas: aucun détaillant, aucun petit ni grand commerce n'a «Rock Band 2», qui est pourtant le hit de l'heure! Internet n'annonce aucune pénurie: tous les Wal Mart de la planète offrent le jeu, sauf au Québec. Bizarrement, mes amis le commanderont facilement en ligne à une grande chaîne qui refuse de le leur livrer dans une de ses boutiques de la région, seulement à domicile.

Il y a quelque temps, le gouvernement avait adopté une loi interdisant à un détaillant d'offrir des jeux sans instructions en français. Le plus grand succès planétaire jamais vu en matière de jeux vidéo n'a rien à cirer des caprices linguistiques du Québec, d'autant plus que la France accepte la version américaine. Résultat: les détaillants locaux perdent des ventes, les compagnies du web s'enrichissent, Poste Canada empoche les frais de livraison et les ratoureux contournent légalement la difficulté...

Exigences

Ces réflexes de tortue qui se rétracte dans sa carapace ne peuvent tenir devant le tsunami des possibilités du web. Le Québec peut bien se draper dans sa dignité, décréter que si ces géants veulent sa clientèle, ils s'ajusteront à ses exigences. En réalité, le marché québécois est négligeable pour ces Goliaths du marketing, et le Cybercommerce élude les embûches.

Pourtant, des compagnies accompagnent leur tube de pâte de tomate d'instructions que personne ne lit en 12 langues! Frustrant de voir des titans commerciaux refuser tout effort linguistique. Au moins, les Américains, quand ils traduisent, le font bien. Les livrets de jeux de Nintendo DS sont impeccables...mais ils filent directement aux ordures. Quand le produit provient du Canada anglais, la traduction, souvent exécutée par un logiciel imbécile, ressemble à une injure.

Mais, qui a besoin d'instructions pour un grille-pain, une bouilloire, ou même une télévision, d'autant plus que les notices des produits se trouvent souvent en plusieurs langues sur le web?

Vaine guérilla

Le Québec est en train de perdre cette guérilla, dont les effets pervers dépassent les bénéfices. La vraie bagarre se déroule dans notre façon de nous exprimer, entre nous, à l'école, au travail, dans les médias. Comment tolère-t-on ces reporters qui «salent» allègrement leur conversation: «Ça l'a l'air que...», ou ces autres qui féminisent sans vergogne les autobus et les avions?

L'ambiance est à la négligence. On se fie à des logiciels de correction, on s'absout volontiers pour nos fautes, sous prétexte d'horaire en folie, de temps qui presse.

Au lieu de faire la chasse aux claviers et logiciels anglophones dans les entreprises, l'Office de la langue française ne devrait-il pas restaurer la gratuité de ses consultations? Radio-Canada a un remarquable service de conseil linguistique, payé par le contribuable; ne devrait-elle pas partager sa précieuse science avec tous les médias, les professeurs, les organismes publics comme privés? Les gouvernements ne devraient-ils pas aider à améliorer la qualité de la langue, au lieu de sévir coûteusement sur des broutilles? Ils ont le marteau: si au lieu de viser les doigts, ils ciblaient le clou?

 

Commentaire (1)
    • Pour une rare fois , je suis en accord avec Mme.Segal à propos de son article sur l'illogisme de ne pas trouver certains jeux sur nos tablettes de magasins pour la seule raison qu'il n'y a pas de version française dans le manuel d'instruction. C'est certain que cela serait préférable, mais non obligatoire.
      Pourquoi? Parce que le gouvernement se contredit dans sa nouvelle loi sur l'étiquettage. En effet pourquoi obliger la traduction de ces manuels quand ce même gouvernement impose l'anglais dès les première années du primaires.
      Dans quelques années tous les jeunes seront presque bilingues. Alors pourquoi les instructions en français. Et que dire de nos cousins français qui se foutent de plus en plus du français dans la langue de tous les jours. On n'a qu'à consulter le Larousse pour voir ce qu'il en est du français. Chaque année, il s'y rajoute de nouveaux mots anglais qui deviennent françisés.

Commenter cet article

Les commentaires sont maintenant fermés sur cet article.

Nous vous invitons à commenter les articles suivants:

Veuilez noter que les commentaires sont modérés et que leur publication est à la discrétion de l'équipe de Cyberpresse. Pour plus d'information, consultez notre nétiquette. Si vous constatez de l'abus, signalez-le.

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer