Comment va la santé, Monsieur Obama?

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Jacques Brassard
Le Quotidien

Par les temps qui courent, les adulateurs d'Obama, le Grand timonier de la Maison-Blanche, se font plutôt discrets. Ils sont, sans doute, bien dépités de voir les Américains lui retirer massivement leur appui.

Si le Président continue de perdre des plumes, ses fans occidentaux (dont plusieurs de mes amis) vont recommencer à dénigrer les Américains, ce peuple d'«abrutis et de ploucs parfaitement inaptes à saisir les attributs messianiques» du nouveau Rédempteur de Chicago.

Inquiétudes légitimes

Prenez acte du «sans-gêne et de l'imbécillité» de nos voisins du Sud qui osent exprimer leur désaccord sur la gestion de la crise et sur le programme de réformes du Président. Quel manque de classe! Les médias d'ici et d'ailleurs, dont le parti-pris démocrate est bien connu, trouvent cela évidemment éhonté.

Rendez-vous compte: plus d'un million de citoyens américains ont déferlé sur Washington, le samedi 12 septembre, pour manifester leur farouche opposition à la politique de santé d'Obama. Un Président qui fait sortir autant de monde contre lui, après seulement huit mois de pouvoir, c'est du jamais vu dans la capitale américaine. Évidemment, les médias occidentaux ont cherché à minimiser l'ampleur de la manifestation et à caricaturer les inquiétudes légitimes du peuple en dérapage d'extrême-droite. Quand la réalité vous déplaît, on la remplace par une fiction.

Taux de satisfaction

Il est vrai que, vu d'ici, le système de santé américain est considéré comme une terrible calamité. Le nôtre étant une merveille, cela va de soi. Pourtant, aux États-Unis, 80% des détenteurs de contrats d'assurance-santé privés se disent satisfaits. Notre régime public mur à mur, coûteux et à bien des égards inefficace, ne suscite pas des taux de satisfaction aussi élevés.

Obama, admirateur jovialiste, comme tous les démocrates (Clinton, Kennedy, Michael Moore, etc), des régimes étatiques du Canada, de Grande-Bretagne, de France et d'ailleurs, veut instaurer une assurance publique (en plus des deux déjà existantes, Medicair et Medicaid) et imposer de nouvelles obligations aux assureurs privés.

«S'il augmente le coût de l'assurance privée en imposant de nouvelles contraintes, écrit Sébastien Castellion, et réduit celui de l'assurance publique en la subventionnant, la liberté de choix des Américains n'aura plus aucun sens. Ils ne voudront pas payer deux fois leur propre couverture (via leurs primes d'assurance) et celle des autres (via leurs impôts). La création d'un monopole public deviendra donc inévitable. Les Américains ne sont pas stupides au point de ne pas le voir.»

Vertige!

Quant à l'engagement d'Obama de financer la réforme sans accroissement du déficit public et sans nouveaux impôts, ai-je besoin de vous dire que les Américains considèrent pareille promesse comme une insulte à leur intelligence? Déjà, le déficit accumulé de l'État fédéral dépasse mille milliards de dollars. Un an plus tôt, il était de 286 milliards. Ça donne le vertige! Il est clair que la réforme de la santé ne pourra qu'alourdir encore davantage le déficit.

Pendant qu'il veut faire avaler de force aux Américains sa coûteuse potion, Barack Obama consent à négocier avec l'Iran sur des bases inacceptables pour tout Président le moindrement soucieux des intérêts vitaux de son pays et de l'Occident. L'Iran, dans une lettre en date du 9 septembre, accepte de revenir à la table à la condition que le programme nucléaire iranien soit exclu de toute négociation et que l'on se borne à bavarder sur le «désarmement nucléaire mondial».

Mépris

Voilà ce qui s'appelle mépriser tellement son interlocuteur qu'on peut se permettre de finasser sans fin et sans vergogne. Comme Obama, pacifiste candide et impénitent, a convié le monde entier au désarmement global, les ayatollahs, vieux roublards, le prennent au mot et lui disent, s'efforçant de ne pas éclater de rire: «Bonne idée, parlons-en!»

Pendant les palabres, la fabrication de la bombe nucléaire islamique avance allégrement. Il faut remonter au temps de Carter, le pire Président du 20e siècle, pour voir l'Amérique se faire humilier de cette façon.

Il apparaît de plus en plus évident qu'Obama est convaincu que les atouts ? charme, rhétorique, capacité de faire rêver, séduction, charisme ? qui ont servi à le faire prendre pour un Messie et à le faire élire, dans l'euphorie de l'obamania, vont réussir à faire oublier aux Américains leur méfiance envers l'interventionnisme étatique et leur attachement profond aux libertés individuelles. De même qu'ils vont convaincre les puissances étrangères ennemies de l'Amérique de devenir gentilles et pacifiques. Je vous rappelle que Carter n'a fait qu'un mandat.

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