Le monde municipal s'ouvre à la petite hydraulique

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Jacques Brassard
Le Quotidien

Réjouissons-nous! Le monde municipal semble s'intéresser sérieusement à la petite hydraulique; il semble de moins en moins fasciné par la filière éolienne. Il faut d'ailleurs espérer que cette attirance irrationnelle pour les grands Vire-Vent disparaisse totalement.

Je ne le répéterai jamais assez: l'énergie éolienne, ça coûte trop cher, ce n'est pas fiable et ça enlaidit le paysage. En moyenne, rappelons-le, une éolienne ne sert à rien pendant 76% du temps. Sans subventions massives de l'État, aucune entreprise ne serait intéressée à ériger ces monstrueux totems verdoyants. Je vous signale qu'en Europe, où l'hystérie éolienne bat son plein, la résistance pour mettre fin à son expansion s'organise et obtient du succès.

 

Chez nous

Par conséquent, le fait que les élus municipaux se passionnent désormais pour les petites centrales hydrauliques, plutôt que pour les grands Vire-Vent, peut être considéré comme un rassurant retour au gros bon sens. Cela se concrétise, par exemple, par la création de la société de l'Énergie communautaire du Lac-Saint-Jean (regroupant les MRC Maria-Chapdelaine et Domaine-du-Roy, ainsi que la communauté de Mashteuiatsh) qui projette de construire une petite centrale de 10 MW sur la chute de Val-Jalbert.

Ce n'est pas la première fois que l'aménagement de ce site est envisagé.

Cette fois sera-t-elle la bonne? Il faut le souhaiter, tout en signalant que l'intention des promoteurs communautaires de ne pas faire appel, en tant qu'associé, à une entreprise privée détenant l'expertise en matière de petite hydraulique, m'apparaît quelque peu risqué.

Chute-Martine

Ce n'est cependant pas le cas du projet de Chute-Martine, sur la Métabetchouan. Dans ce cas précis, les quatre partenaires communautaires (Chambord, Saint-André, Desbiens et la Société récréotouristique de Desbiens, qui gère le site du Trou de la Fée) ont jugé utile, et aussi plus prudent, de s'associer à l'entreprise privée.

La première étape prévue au Guide de référence a été franchie par une demande formelle d'avis de pré-faisabilité au ministère des Ressources naturelles (MRN).

Espérons que l'évaluation préalable à la production d'un tel avis ne traînera pas trop en longueur. Pour la simple raison, qu'auparavant, la firme Hydrodev avait déjà franchi toutes ces étapes en vue de domestiquer la Chute-Martine. Et, comme les conditions n'ont pas changé, il n'y a pas lieu d'embourber la demande d'avis dans le marécage bureaucratique. Il est donc possible de faire diligence.

BAPE

De quelle façon l'entreprise privée s'implique-t-elle dans ce projet? D'abord, le promoteur est un homme d'affaires bien connu de la région, Pierre Lajoie. Ce dernier s'est toujours associé au développement du SaguenayLac-Saint-Jean, particulièrement dans le secteur de la petite hydraulique.

On se souviendra que c'est lui qui a projeté, pour la première fois, d'aménager la chute de Val-Jalbert. Et c'est allé jusqu'au BAPE dont, malheureusement, la recommandation négative a conduit à l'abandon du projet.

Mais, Pierre Lajoie est tenace. Il sait très bien qu'en vertu du nouveau programme, le milieu communautaire doit en conserver le contrôle. D'ailleurs, il était déjà engagé dans le développement de Chute-Martine avant même la création de la société de l'Énergie communautaire. Un autre industriel, originaire de Desbiens, est aussi partie prenante du projet.

Financement

Ce qui rend le projet non seulement attrayant mais, aussi, moins à risque pour de petites municipalités, c'est que Pierre Lajoie a déniché et recruté une entreprise intéressée à investir dans le projet de Chute-Martine.

Cette firme, c'est AXOR. Voici une entreprise, née à Sept-Îles en 1972, qui a non seulement développé une solide expertise en matière de gestion de projet et de construction, mais qui s'est aussi spécialisée dans la conception, le financement et la réalisation de petites centrales. Elle possède celle de Petites-Bergeronnes et est partie prenante du projet de la centrale de Franquelin (sur la Côte-Nord) en partenariat avec la municipalité. Et il y en a une autre de 25 MW à Sheldrake; la mise en route est prévue pour l'an prochain.

Retombées bénéfiques

AXOR est donc disposée à investir chez nous, non seulement 50 millions$, mais aussi elle est prête à assumer la maîtrise d'oeuvre dans un projet qui comportera des retombées bénéfiques pour les municipalités concernées, et ce, sans endettement pour ces dernières.

Je le dis sans détour: Pierre Lajoie, en tant que promoteur, mérite d'être soutenu. Et AXOR, une firme née dans une région-ressource (notre voisine) doit être la bienvenue chez nous.

La région n'a pas les moyens de lever le nez sur un investissement rentable et profitable pour le milieu et d'une telle ampleur.

 

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