impacts à court terme : comités d'urgence, cellules de crise, programmes d'infrastructures, accélérations de projets, etc.
Maintenant, la région ne peut reprendre son petit train-train en espérant des années meilleures ou une nouvelle aluminerie. La grande question : comment relancer l'économie du SaguenayLac-Saint-Jean avec une vision à long terme?
Forum
Il n'y a pas de « Jojo Savard « du développement régional. Pour trouver des solutions, nous devons miser sur notre capacité collective à définir ensemble
un avenir commun, un idéal. En septembre 2009, en plein coeur de la crise mondiale, l'équipe de Vision 2025 invitait experts et universitaires à réfléchir à cette question à l'occasion d'un forum. La synthèse de cet événement mérite un arrêt car la grande conclusion est un message clair à tous les acteurs du développement régional.
Un mot a été prononcé très souvent lors de ce forum: «nouveau». Les participants ont répété que le SaguenayLac-Saint-Jean a besoin d'un nouveau leadership, de nouveaux créneaux économiques, de nouvelles façons de travailler ensemble, de s'ouvrir à la nouveauté, d'une nouvelle vision... Comment interpréter cet appel collectif au changement?
Il s'agit en fait d'un appel à changer la culture du savoirfaire régional. Or, si les participants ont plaidé avec autant de force en faveur de nouvelles approches, c'est qu'ils se butent à des résistances importantes.
Changement
Un changement de culture du savoir-faire régional signifie qu'il faut travailler différemment à tous les niveaux (réflexion, consultation, stratégie, action, etc.). Claude Villeneuve en donne un bel exemple dans sa chronique du 12 décembre (« Un pont pour le développement durable ? «). Avant de faire les plans
d'un pont, il faut analyser toutes les possibilités, incluant celle de ne pas le construire. Cela exige des élus, planificateurs, urbanistes, ingénieurs, mais aussi des citoyens, de modifier leur approche et éventuellement leurs habitudes face à ces projets d'infrastructures.
Voilà un changement de culture. Le changement est exigeant pour tout le monde alors que le confort est tellement rassurant dans la prise de décision. Il existe plusieurs freins aux changements. Il y a des indicateurs qui montrent que la région a du retard à rattraper. Prenons seulement deux exemples. En novembre dernier, Luc Dupont alertait la communauté en nous apprenant que 82 % des entreprises du Lac-Saint-Jean n'ont pas de site Web. Pourtant, l'importance d'internet n'est plus à démontrer et le commerce électronique est en pleine croissance.
Le 5 décembre, Claude Picher rappelait «le drame des régions» qui ont une structure démographique vieillissante. Il prenait le SaguenayLac-Saint-Jean
en exemple pour expliquer son indice de dépendance démographique. Picher faisait un rappel brutal du phénomène de l'exode des jeunes.
C'est un lieu commun de dire que la jeunesse porte le changement. Le drame de l'exode des jeunes n'est pas seulement de rouler 500 km pour visiter ses enfants et petits-enfants. Pour le développement d'un territoire, il se traduit par la fuite d'un capital de nouveauté et de changement. Pour atténuer les effets, le groupe MigrAction fait un excellent travail avec une organisation efficace déployée sur l'ensemble du territoire, mais on peut douter que ce soit suffisant pour renverser la vapeur.
Plusieurs partagent l'appréhension de voir notre région vieillissante devenir de plus en plus conservatrice, réfractaire au besoin fondamental de changements sociaux et économiques, et se fermer aux besoins des jeunes générations, dont nous avons tant besoin.
Un changement dans le savoirfaire régional exige un renouvellement des idées et une ouverture à la différence. La créativité émerge du mélange des individus et des genres (arts, affaires et milieu scientifique par exemple) qui favorise les nouvelles idées, précurseurs à l'innovation.
Prenons l'exemple du renouvellement des conseils municipaux.
En novembre 2009, pour tout le SaguenayLac-Saint-Jean, le taux de renouvellement moyen est de 55 % (taux de nouveaux élus). Aux extrêmes, Saint-
Prime affiche un taux de 0 %, L'Anse-Saint-Jean, de 85 %. On compte seulement 31 % de nouveaux maires dans la région. Or, la structure des organisations régionales donne un rôle central aux élus municipaux qui sont nommés aux MRC, siègent à la CRÉ, dans les comités et plusieurs organismes de développement.
Si les conseils municipaux se renouvellent peu, il en va de même pour plusieurs autres organisations qui jouent un rôle dans la définition d'une vision régionale. Ce constat sur le faible renouvellement des élus municipaux commande des actions pour combler cette lacune.
Un souhait pour la région
Le confort est l'ennemi juré du changement. La peur de la nouveauté est un frein à l'audace. Beaucoup de développeurs choisissent de faire les choses autrement. La communauté de Mashteuiasth multiplie les nouveaux partenariats. Le milieu
des arts et de la culture est aussi rafraîchissant à bien des égards (il n'est pas question de la salle de spectacles qui deviendra un cas d'école sur ce qu'il faut éviter en développement).
L'originalité du Festival Regard sur le court métrage, l'audace du Centre d'interprétation musicale et la nouvelle Route des mille et une histoires ne sont que quelques exemples. Nous avons aussi besoin de plusieurs Wendigo Studios qui sont l'image même du dynamisme de la jeunesse et de l'économie du savoir.
Lors du forum Vision 2025, il a été dit que les porteurs de changement se butent trop souvent à des structures conservatrices et peu adaptées aux nouvelles réalités.
Il faut sortir des sentiers battus, accueillir les idées audacieuses, changer les modalités de financement des projets, travailler avec ceux qui confrontent nos idées, voire ceux qui nous énervent. Il est impératif que tous les acteurs actifs du développement osent le changement et se confrontent à la différence.
Voilà mon souhait pour le SaguenayLac-Saint-Jean en 2010. Parce que nous sommes tous et toutes condamnés à changer notre savoir-faire si nous voulons un avenir différent pour notre région.









