Changement d'attitude
Rien n'indique que la population de Dolbeau-Mistassini et des environs pourra assister à brève ou moyenne échéance à la réouverture de l'usine AbitibiBowater.
En fin de semaine, dans le Progrès-Dimanche, le maire Georges Simard, également président de la Conférence régionale des élus (CRÉ), jugeait plus prudent pour l'instant d'investir dans l'optimisme. Faisant référence à l'action de la cellule de crise mise sur pied au cours des derniers mois, afin d'étudier divers scénarios de relance, il ne manquait pas au passage de mettre en relief la vigueur des autres secteurs économiques de Dolbeau-Mistassini.
Une attitude plus sereine, beaucoup plus sage même, qui tranche fortement avec celle démontrée au plus fort du mouvement de colère ayant suivi l'annonce par AbitibiBowater de la fermeture de son usine. Causant la surprise, plusieurs membres de la communauté d'affaires dolmissoise ont manifesté, fin novembre, leur désaccord face à la vigueur de certains propos de Georges Simard et à d'éventuels gestes de protestation auxquels ceux-ci, dans le feu de l'action, pourraient être à l'origine.
À l'évidence, les commerçants, tout en se disant eux aussi très inquiets, ont voulu lancer un message clair à leur maire et aux membres de la cellule de crise : Dolbeau-Mistassini ne deviendra pas un second Val-Jalbert même si son usine venait à fermer ; alors, il vaut mieux éviter la panique.
Inventaires trop élevés
Par ailleurs, le marché mondial de l'aluminium stagne... Une reprise de la demande se manifeste, mais les inventaires sont encore trop élevés. En ce début d'année toujours incertain, ceux qui espèrent de bonnes nouvelles en provenance de Rio Tinto Alcan (RTA), concernant notamment la relance de son programme d'investissements au Saguenay Lac-Saint-Jean, doivent continuer à s'armer de patience.
Heureusement, le secteur de la deuxième et la troisième transformation affiche un bilan de santé beaucoup plus prometteur. Pour preuve, la réussite du Bixi.
Ce vélo urbain révolutionnaire est en train de se faire une niche enviée au plan mondial. Certes, il s'agit uniquement, pour l'instant, d'un symbole. Le message envoyé par la Vallée de l'aluminium n'en demeure pas moins très clair : la région est capable d'innover dans ce créneau prometteur.
Le Bixi sera sans aucun doute l'arme la plus efficace que pourra utiliser la région, quand elle devra convaincre les gouvernements de lui accorder un statut privilégié en matière de subventions et de crédits à accorder aux entreprises inscrites dans le secteur de la deuxième et troisième transformation du métal gris. Ce produit révolutionnaire, tant dans sa conception que sa fabrication, constitue une démonstration spectaculaire de la capacité des entrepreneurs locaux de mener à bien d'ambitieux projets de recherche et de développement.
Les principaux indicateurs économiques mondiaux présentent des signes persistants de reprise. Les consommateurs renouent avec la confiance; ils se remettent à acheter, ce qui contribue au climat général.
La région n'est pas tirée d'affaire pour autant, loin de là. La crise forestière continuera d'hypothéquer lourdement l'économie de plusieurs communautés en 2010, surtout au Lac-Saint-Jean.
Les augures semblent plus rassurants du côté de l'aluminium. Cela dit, RTA ne paraît pas très pressée de se mettre en mode de reprise. Les membres de la classe politique devront continuer de l'avoir à l'oeil!










