Les contribuables de la 6e ville en importance du Québec ne semblent pas s'inquiéter outre mesure de la lenteur avec laquelle l'économie tend à renouer avec la reprise, un sentiment renforcé par le coût somme toute raisonnable du prix du litre d'essence. L'arrivée, en février, du compte de taxes municipales freinera cette ardeur. Une hausse substantielle est déjà annoncée, qui ne sera pas sans avoir des conséquences directes sur le pouvoir d'achat des consommateurs.
Il y a tout lieu de croire, également, que le long répit accordé aux automobilistes depuis l'été dernier est sur le point de prendre fin. Une possibilité reliée non seulement à la progression régulière du prix du baril de pétrole, mais aussi à la fermeture prochaine de la raffinerie Shell, à Montréal.
Les mauvaises nouvelles
Après la période de calme relatif des 12 derniers mois, au cours de laquelle les citoyens de Saguenay ont eu l'impression d'avoir été plus ou moins épargnés par les soubresauts ayant bousculé l'économie mondiale, l'heure du réveil est sur le point de sonner.
La hausse du fardeau fiscal municipal s'accompagne déjà, en effet, de quelques mauvaises nouvelles dûment consignées dans les médias. D'autres risquent de suivre bientôt.
Plusieurs projets subissent des reports, comme la construction de la bibliothèque dans l'arrondissement de Jonquière et celle du chalet d'accueil du Norvégien, détruit l'automne dernier par un incendie.
En fin de semaine, Progrès-Dimanche nous informait de la décision prise par AbitibiBowater concernant son intention de ne plus vendre à la ville, pour un prix symbolique, le terrain sur lequel était érigée la défunte usine de la Consol, à La Baie. La papetière, en état de mort clinique, est désormais incapable de se payer un tel luxe.
De plus, le contexte économique actuel ne favorise guère la concrétisation de la remise à niveau de l'infrastructure commerciale de la rue Racine, un ambitieux projet annoncé à grand renfort de publicité peu avant les élections municipales. Les assauts tardifs de la crise sur les finances de la ville se font menaçants, là aussi.
Opposition
La fièvre électorale de novembre, celle causée par la fausse alerte à la grippe A (H1N1), la traditionnelle bousculade des Fêtes dans les magasins et les réveillons, ont fait oublier que le monde continuait de tourner. Au ralenti, qui plus est ! Janvier impose donc un rappel à l'ordre susceptible d'être brutal, à Saguenay comme ailleurs.
Cette correction apportera des munitions au mouvement d'opposition en train de prendre forme, ici et là au sein de la population, depuis que le maire a dû se résigner à faire marche arrière dans le dossier de la salle de spectacles.
Même s'il a été battu à plate couture par Jean Tremblay au dernier scrutin municipal, Michel Potvin ne paraît pas vraiment décidé à abandonner la partie. Il ne rate jamais une occasion de s'immiscer dans le débat municipal depuis sa défaite. André Salesse, qui en a toujours gros sur le coeur avec la salle de spectacles, ajoute régulièrement sa voix à la sienne. Un ballet de déclarations qui fouette l'ardeur d'André R. Gauthier, du Mouvement Chicoutimi-Saguenay. Ce dernier peut désormais compter sur des alliés circonstanciels, il n'est plus seul à livrer bataille contre l'administration du maire.
La relance des petites centrales de Pont-Arnaud et Chute-Garneau, le bilan positif des croisières à La Baie, les perspectives de développement offertes par la fin des travaux de réfection de la route 175, seront-elles suffisantes, à court terme, pour épargner à l'administration Tremblay un fort mouvement d'humeur d'un électorat traditionnellement acquis à plus de 80 % ?
À Saguenay, la table est mise pour une année 2010 pleine de rebondissements...










