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Carol Néron
Le Quotidien

La route 175, dans la Réserve faunique des Laurentides, présente son nouveau visage à quatre voies divisées sur environ la moitié de son parcours. Cette amélioration notable est à l'origine d'une baisse significative du nombre des accidents mortels ainsi que le soulignait, en fin de semaine dans le Progrès-Dimanche, un porte-parole de la Sûreté du Québec.

Une fois livré aux automobilistes dans sa forme définitive, soit dans deux ans tout au plus, le lien routier stratégique qui unit le SaguenayLac-Saint-Jean au reste du Québec perdra enfin son surnom macabre de «boulevard des coroners».

 

Les quelque 100 kilomètres à quatre voies divisées qui permettent maintenant aux usagers de jouir du décor, tout en roulant dans une sécurité relative, représentent une amélioration spectaculaire par rapport au passé récent. «Traverser le parc», selon l'expression consacrée, ne relève plus désormais de l'équipée sauvage mais presque de la balade...

On l'a dit et il faut le répéter: à elle seule, cette route, avec ses panoramas exceptionnels et ses paysages grandioses, est appelée à devenir une attraction touristique majeure.

Retombées et savoir-faire

D'autres aspects sont également à considérer...

En effet, ce chantier, par son ampleur et l'importance des moyens logistiques déployés par les entrepreneurs mis à contribution par le ministère des Transports, démontre le formidable savoir-faire du génie québécois en matière de construction de routes. Les travaux se déroulent à un rythme régulier malgré les conditions climatiques changeantes et la plupart du temps rigoureuses.

Par ailleurs, les retombées économiques sont également à considérer. Les statistiques sur le chômage auraient gonflé, sans doute de façon encore plus dramatique, au cours des dernières années si l'activité n'avait pas été aussi intense dans la Réserve faunique.

La partie de la 175 bordant le lac Jacques-Cartier, non loin de l'Étape, sera bientôt l'objet à son tour d'autres améliorations. Les automobilistes habitués du secteur peuvent déjà constater l'avancement des travaux. L'endroit avait particulièrement mauvaise réputation avec ses détours serrés et l'étroitesse de la voie; pas surprenant qu'il ait été le théâtre de plusieurs accidents mortels en raison de son relief difficile.

Le ministère des Transports était conscient du défi à relever dans ce corridor de quelques kilomètres seulement mais présentant, au plan de la topographie, des caractéristiques susceptibles de compromettre le bon déroulement du chantier. Cette partie de la route sera ouverte à la circulation au plus tard l'automne prochain. À ce moment, on pourra dire que, au propre comme au figuré, la moitié du chemin a été parcouru.

Le processus relié à l'expropriation va bon train du côté de Stoneham. C'est une autre bonne nouvelle... Les craintes ayant fait état, à un certain moment, de délais légaux susceptibles de ralentir le rythme actuel des travaux ne semblent donc pas fondées.

Enfin, à la fin de l'automne dernier, les opérations de déboisement ont commencé à quelques kilomètres de l'ancienne barrière marquant, au sud, la fin de la Réserve faunique. Indice révélateur que le chantier est à la veille de connaître une grande effervescence, la machinerie lourde a commencé à s'empiler dans ce secteur.

Vitesse

La nouvelle 175, même si elle possédera plusieurs caractéristiques d'une autoroute, n'en deviendra pas une pour autant! C'est dire que la vitesse maximum permise sera limitée à 90 km/h. Ce serait utopique de croire que les automobilistes respecteront cette réglementation.

La logique la plus élémentaire exige que le ministère des Transports révise sa politique et autorise un maximum de 100 km/h sauf, par exemple, dans certains secteurs sensibles comme l'Étape et la jonction avec la 169 conduisant au Lac-Saint-Jean. D'ailleurs, dans les portions de route à quatre voies divisées, les automobilistes roulent déjà à au moins dix kilomètres au-delà de la vitesse permise, ce qui ne compromet en rien leur sécurité et celle des autres usagers.

 

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