L'idée est excellente, inspirée même! Dommage qu'elle n'ait pas fait davantage l'objet d'un débat, en particulier auprès de la Conférence régionale des élus (CRÉ), depuis qu'elle a trouvé son chemin dans les médias.
En sa qualité de critique de l'opposition péquiste en matière de Forêt, et de député d'une circonscription dont l'économie est fortement ébranlée depuis plusieurs années par la crise forestière, Denis Trottier est parfaitement justifié de s'exprimer de la sorte.
Course contre la montre
Cette suggestion mérite d'être explorée à fond. En se matérialisant, elle comporterait un double avantage, soit la restauration d'un grand pan de l'industrie forestière québécoise, en priorité celle du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et elle permettrait d'atteindre rapidement l'un des objectifs humanitaires majeurs des Nations-Unies, à savoir le relogement de plus d'un million de sans-abri.
À cet égard, d'ailleurs, l'ONU est engagée dans une véritable course contre la montre, car la saison des pluies est à la veille de faire son apparition à Haïti.
Il ne s'agit pas de profiter du malheur des autres pour rendre moins dramatiques les effets de la crise forestière sur l'économie régionale, mais de venir en aide à un pays en mettant à profit une richesse naturelle disponible chez nous en grande quantité et qui, pour l'instant, ne trouve pas de débouchés.
Denis Trottier mentionne que les maisonnettes pourraient même être construites ou assemblées dans leur pays de destination, ce qui aiderait également à relancer son économie.
Les entrepreneurs québécois en construction possèdent une expertise pointue qu'ils peuvent mettre très rapidement au service du gouvernement haïtien.
Devancer les Américains
Selon le député péquiste de Roberval, le Bureau de promotion des produits forestiers du Québec entend accoucher très prochainement d'une proposition claire. Ce que confirme la directrice des communications de l'organisme, Geneviève Mathieu.
Le gouvernement a intérêt à agir sans attendre. Évidemment, parce que la situation des Haïtiens en ce qui concerne notamment le logement devient chaque jour de plus en plus infernale et aussi parce que, dans ce dossier, les Américains ne resteront pas les bras croisés. Ils ont certainement leur petite idée eux aussi quant à la façon la plus rapide et efficace de relever ce défi. Dans leur cas, toutefois, et sans mettre en doute leur volonté d'agir en fonction d'objectifs humanitaires, on peut certainement supposer que, contrairement à nous, leur présence massive dans ce pays dévasté n'est pas totalement désintéressée tant au plan économique que politique et militaire.
Notre devoir et notre responsabilité
Le Québec et Haïti ont tissé des liens solides depuis les soixante dernières années. D'abord grâce à la langue, ensuite par l'immigration et l'implication humanitaire. Les Québécois ont véritablement adopté cette île des Antilles. Leur empressement à lui venir en aide aujourd'hui illustre la force des sentiments qui les unit avec sa population.
Ce serait donc totalement irresponsable de notre part de ne pas tout mettre en oeuvre pour faire profiter le peuple haïtien de l'expertise que nous avons acquise dans l'exploitation et la transformation du bois et, partant, dans le domaine de l'habitation. S'il y a un type d'intervention dans lequel le Québec excelle, surtout la région, c'est bien celui-là.
Ce que suggère Denis Trottier va de soi. Ses collègues du gouvernement fédéral, Denis Lebel et Jean-Pierre Blackburn, ne se feront certainement pas tirer l'oreille pour l'épauler.










