La plus récente provient d'Ottawa, plus précisément de l'Association canadienne des produits forestiers (APFC). Elle nous révèle les constatations lucides et les recommandations prometteuses faites par 65 experts au terme d'une étude approfondie portant sur le «Projet de la voie biotechnologique». L'autre est un démenti formel des prétentions de Richard Desjardins par le professeur Yves Bergeron, titulaire de la chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable. «L'erreur boréale mériterait une suite, a-t-il confié à L'actualité, pour réparer son plus gros pot cassé. Car le film a découragé les jeunes de s'intéresser à la forêt».
Exploitation écologique
Comme l'APFC se dit «le porte-parole, au Canada et à l'étranger, des producteurs de bois, de pâte et de papier pour les questions touchant le gouvernement fédéral, le commerce et l'environnement», on présume que ses conclusions ont déjà franchi le filtre de la vérification écologique.
L'Association perçoit dorénavant l'avenir de l'exploitation forestière dans la transformation de la fibre «en une variété de bioproduits, notamment en bioénergie pour chauffer nos maisons et alimenter nos véhicules, en produits biochimiques pour fabriquer des solvants, des plastiques renouvelables et des cosmétiques ainsi qu'en biomatériaux novateurs, comme «le papier intelligent et les produits de bois d'ingénierie».
Beaucoup d'énergie
Avec la capacité d'énergie propre qu'elle recèle, la forêt canadienne pourrait, par exemple, répondre aux besoins de 2,5 millions de foyers. Le bois d'oeuvre n'est évidemment pas davantage désuet. Les scieries constituent toujours, mentionne l'étude, «la pierre angulaire» de l'industrie. Et le secteur des pâtes et papiers? Il conserve son importance dans le cadre d'une intégration de nouveaux bioproduits.
Bref, après avoir analysé 16 produits traditionnels et 11 nouvelles biotechnologies, en Colombie-Britannique, dans le Nord-Ouest de l'Ontario et au SaguenayLac-Saint-Jean, les spécialistes insistent auprès de l'État fédéral sur la nécessité de poursuivre intensément la recherche sur la biotechnologie et d'explorer les possibilités d'exploitation et d'exportation de nouveaux produits.
Le consortium de la forêt boréale
Il faut aussi revoir, en partenariat avec l'industrie évidemment, les méthodes de gestion, l'intervention de l'État pour affronter la concurrence des États-Unis, de l'Union européenne, de la Chine et du Brésil dont l'activité économique reliée à la forêt est stimulée par des subventions et autres mesures incitatives.
L'Association canadienne des produits forestiers a toutefois entrepris cette importante révision de l'exploitation forestière sans en prévenir le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ). Le président Guy Chevrette en est déçu et avec raison. Il aurait au moins apprécié recevoir l'étude ou ses conclusions avant leur dévoilement à la presse.
La contribution d'un milliard et demie de dollars étalé sur cinq ans que l'APFC sollicite du fédéral pour financer la mutation souhaitée apparaît toutefois assez timide quand on la compare aux quelque 10 milliards accordés à l'industrie de l'automobile.
C'est notre région qui a le plus souffert de la crise forestière. Avec deux ministres dans le gouvernement Harper, elle peut maintenant espérer davantage qu'un laboratoire des futurs produits. C'est une sorte d'AP60 de la forêt qu'il lui faut. Le consortium de recherche de la forêt boréale commerciale, un partenariat UQAC-industrie papetière formé sous la présidence inspirée de l'ancien ministre Marc-André Bédard et animé par le professeur émérite Réjean Gagnon, a produit d'excellents résultats dans le renouvellement de la ressource. Il mériterait de participer au projet de la voie technobiologique.










