Sauf que, si l'administration du maire Jean Tremblay n'intervient pas, d'ici le 31 mars, cela pourrait bien signifier, cette fois-ci, le coup de mort de la Société. De quoi faire retourner dans sa tombe, Mgr Victor Tremblay, son fondateur.
Pourquoi maintenant? C'est qu'auparavant, l'accréditation était au nom de la Société d'archives Sagamie qui, elle, n'avait pas besoin de subventions de la ville pour l'obtenir. Depuis, la donne a changé, notamment en raison de la fusion avec la Société historique du Saguenay.
Effectivement, à défaut d'un partenariat avec la ville, la Société historique n'obtiendra pas son agrément, une accréditation qui provient de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et qui exige de bénéficier d'un appui financier récurrent et appréciable provenant d'au moins deux sources de financement distinctes dans les secteurs suivants: municipal, éducation et privé. Dans ce dernier cas, les dons sont tellement minimes, qu'il est impossible de compter là-dessus. Un malheur n'arrivant jamais seul, elle perdrait aussi un montant de 28 000$ de Bibliothèque et Archives nationales.
Importante conséquence
Sans cet agrément, impossible d'acquérir des archives, de les traiter et de les diffuser. C'est lourd de conséquences. Le maire a été sensibilisé à cet effet. Selon toute apparence, les bénévoles prêchent dans le désert.
Les anciennes administrations municipales accordaient une aide financière. Pas très généreuse, il est vrai, mais elle permettait à la Société de s'en tirer mieux. Surtout, c'était un signe évident de reconnaissance, ce qui est loin d'être négligeable, la culture étant rarement traitée à sa juste valeur.
Niet
Depuis l'arrivée de Jean Tremblay, à la mairie, plus rien. L'ancien président, Lorenzo Beaulieu, disait que ça sentait le règlement de comptes. L'universitaire, Gérard Bouchard, avait dénoncé la politique de la ville, en 2007, lors d'un déjeuner du Cercle de presse, insistant sur l'importance de conserver cette institution fondée dans les années 1930.
Admettons qu'il y ait eu un conflit de personnalité entre le maire et Lorenzo Beaulieu. Mais, depuis, les bénévoles ont changé. Jean Tremblay entretient-il des griefs à l'égard de tous ceux qui ne font pas partie de ses «p'tits z'amis» ? Exige-t-il que certains de ses proches soient dans l'organisation pour enfin daigner y accorder une certaine importance? En tout cas, son silence et l'absence d'un appui quelconque depuis plusieurs années suscitent un questionnement certain.
Dans une entrevue réalisée, cette semaine, par la journaliste, Mélyssa Gagnon, le président, Jean-Charles Dubé, a reconnu que la situation financière était difficile. Il a ajouté, aussi, qu'il était anormal que la ville ne paie pas sa quote-part à la Société historique.
Plus pauvre que ça...
Disons-le carrément. Alma, Roberval, Québec, Sherbrooke je vous fais grâce d'une énumération plus exhaustive allouent une aide financière à leur Société historique. Par devoir de mémoire, tout simplement.
Sur le plan de l'information, strictement, c'est incommensurable la manne de renseignements que nous trouvons à la Société, notamment sur les familles, les événements, les objets. Il y a également des plans d'architecte, des vieilles photos, des films, des enregistrements... Une vraie mine d'or. Toutes ces choses que nous ne retrouvons nulle part ailleurs. Les chercheurs, les étudiants, les citoyens, peuvent consulter pour presque rien.
Au Québec, il y a des municipalités qui donnent jusqu'à 1,50$ par habitant. Modeste, la Société historique du Saguenay n'en demande pas tant.
Des historiens adoreraient collaborer avec la Société, mais elle n'a pas une cenne pour les payer. Même pas un petit montant symbolique à leur accorder.
Juste une petite entente
Gageons que la Société se contenterait d'une simple entente avec la ville pour archiver ses documents. Actuellement, ceux-ci pourrissent dans ses fonds de cave. Une telle collaboration serait souhaitable, essentielle même, car ces pièces sont précieuses. Les deux organisations y trouveraient leur compte, assurément.
Mais, bon! Cela pourrait fonctionner si le maire Tremblay cessait enfin de prendre la Société en grippe.
Au fait, la conseillère Sylvie Gaudreault n'est-elle pas présidente de la Commission des arts et de la culture de Saguenay? À moins que ce ne soit qu'un titre honorifique, pourquoi n'essaie-t-elle pas de convaincre le maire et son administration de la pertinence d'assurer la pérennité de la Société historique du Saguenay?
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